Kountrass hatefilaRabbi Chalom Dov Ber Schnersohn
sur la prière du Chéma Israël et la méditation
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Chapitre 10 :Les étapes successives de la prière[Retour
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Celui qui n’a pas réellement la capacité de se lier
à un concept divin peut, malgré cela, servir D.ieu par sa
prière, en méditant profondément à ce qu’il
sait, avec l’intention de s’attacher à D.ieu, par cette
perception et par cette compréhension, jusqu’à la
ressentir profondément en son âme. En outre, il ressentira,
en son cœur, le caractère bienfaisant de la Divinité,
jusqu’à donner naissance, de manière évidente
en son cœur, à l’amour et à la crainte de D.ieu,
en fonction de la notion à laquelle médite et de la manière
dont il le fait.
Les aspects spécifiques de cette méditation sont bien
connus. De façon générale, ils sont les suivants.
Pendant les Pessoukeï de Zimra(1), on réfléchira à
la grandeur de la Lumière de l’En Sof(*), à la création
qui porte l’empreinte de Sa grandeur et de Sa merveille, comme le
précisent le passage Barou’h Ché Amar et les Psaumes
des Pessoukeï de Zimra. On pensera également à la louange,
à l’éloge et à la soumission de la dimension
profonde des mondes(2).
Pendant les bénédictions du Chema Israël, on méditera
au cantique des Anges célestes, proclamant : “ Saint…
” et : “ Béni… ”(3), à leur soumission
la plus totale devant la Lumière de l’En Sof(*), béni
soit-Il. Puis, en disant le Chema Israël et le verset : “ Ecoute,
Israël ”(4), qui est le chant des anges, on réfléchira
à l’Unité de D.ieu au sein des mondes, au fait qu’Il
est Un dans les sept cieux, sur la terre, aux quatre points cardinaux(5),
qu’Il est véritablement unique, comme cela est longuement
expliqué par ailleurs.
En disant(6) : “ Que soit béni le Nom de l’honneur
de Sa Royauté, pour l’éternité ”, on
méditera au fait que la création et la vitalité des
mondes émanent uniquement du “ Nom de l’honneur de
Sa Royauté ”, c’est-à-dire uniquement du reflet
d’un reflet de reflet de Sa Lumière(7).
On réfléchira donc, longuement et par le détail,
à tout cela, jusqu’à en avoir une bonne compréhension,
s’attacher à ces notions, les percevoir profondément,
les intégrer et les intérioriser en son cerveau, en concevoir
de l’émerveillement en son cœur. En effet, la contemplation
du bien et de la merveille inhérents à la Lumière
de l’En Sof(*) met en éveil un amour, une attirance, un désir,
une aspiration à s’attacher à D.ieu, un refus de tout
ce qui Lui est étranger, ce qu’à D.ieu ne plaise.
On n’aura alors qu’une seule volonté pour D.ieu, béni
soit-Il. Et, un tel amour saura pérenniser la pratique de la Torah
et des Mitsvot, avec une vitalité profonde et intense, en étant
proche de D.ieu en tout ce que l’on accomplit.
Résumé
Ce chapitre montre comment la prière fervente vivifie la pratique
de la Torah et des Mitsvot.
Notes
(1) La partie narrative de la prière du matin, comprise entre
les deux bénédictions Barou’h Ché Amar, “
Béni soit Celui Qui a créé le monde par Sa Parole
” et Ichtaba’h, “ Que Ton Nom soit loué pour
l’éternité, notre Roi ”.
(2) L’indépendance de leur existence n’étant
qu’une apparence, leur aspect extérieur.
(3) Les bénédictions du Chema Israël précisent
que les anges, percevant l’infinie grandeur de D.ieu, proclament
: “ Saint, saint, saint est l’Eternel des Armées célestes.
La terre entière est pleine de Son honneur ”, alors que ceux
qui souhaitent révéler Sa Présence ici-bas disent
: “ Béni soit l’honneur de l’Eternel, de Son
endroit ”.
(4) Le premier verset du Chema Israël.
(5) C’est le sens du mot E’had, “ Un ”, qui s’écrit
Aleph, ‘Heth, Dalet. Le Aleph désigne l’Unique du monde.
Le ‘Heth, dont la valeur numérique est huit, correspond aux
sept cieux et à la terre. Enfin, le Dalet, qui a pour valeur numérique
quatre, désigne les quatre points cardinaux.
(6) La phrase qui suit le premier verset du Chema Israël.
(7) Totalement insignifiant par rapport à Son Essence.
Définitions
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.