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PESSAH

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9:40
17 avril 2011


Spartakus FreeMann

administrateur

messages 594

Merci Emmanuel pour ces partages.

 

8:00
17 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

Passeur

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19:55
15 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

Passeur

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18:50
15 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

Passeur

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Pessa’h enseigné par la mystique hassidique.
À propos d’un  livre de Josy Eisenberg et Adin Steinsaltz

II était une terre, celle de l’Égypte des pharaons, dont Dieu était
absent. Pourtant, en cette terre « nue » (Exode 42,9), les étincelles
de sainteté étaient prisonnières. C’est qu’à l’origine, enseigne la
mystique juive, quand Dieu le créa, l’univers était incapable de
supporter les flots de Sa lumière. Aussi les vases divins se brisèrent
et les étincelles se mélangèrent à la matière. La Tora n’indique-t-elle
pas qu’au début le monde était « tohu-bohu, ténèbres sur la face des
abîmes… L’esprit de Dieu planait sur la face des eaux. Et Dieu dit :
Que la lumière soit ».
Sur cette terre d’extrême désolation spirituelle, la mystique juive,
pour laquelle les poissons figurent les âmes, voit s’affronter deux
êtres aquatiques. Le pharaon, « grand crocodile, affalé au milieu de
son fleuve » qui dit : « Le Nil est à moi, c’est moi qui me suis fait »
(Ezéchiel 29, 1 à 3), et Moïse, le « Léviathan », homme de la tribu de
Lévi, dont l’étymologie enseigne qu’il est « lié » à Dieu.
Dans l’âme d’Israël brille l’étincelle divine. Elle aspire à retourner
à Dieu et ce désir agglutine à elle d’autres étincelles, celles qui
sont tombées en exil dans le monde. Voilà pourquoi Israël est envoyé en
exil, lui aussi, avec pour mission de guérir le monde, de lui apprendre
à séparer la lumière de la matière, la lumière des ténèbres, d’orienter
les particules de l’une et de l’autre, de les rendre conscientes…
Car le monde est un champ magnétique où s’affrontent, en vérité, le
tohu-désordre et les étincelles. Israël est l’aimant qui oriente « les
électrons vers un but précis et les fait entrer dans un système
organisé ». Afin de réparer le monde.
Il fallut que le premier exil d’Israël commençât en l’Égypte ancienne,
« self-made land », dont le pharaon-crocodile affirme qu’il a fait le
Nil, géniteur de l’Égypte et son nourricier. Sur cette terre nue de
Dieu commence le combat singulier entre le pharaon-crocodile qui tourne
le dos à Dieu (pharaon, c’est l’anagramme de ’oreph = nuque), qui nie
la toute-puissance divine et Moïse en état de « face à face » avec Dieu
: « Moïse l’homme le plus modeste qui ait jamais été sur terre »
(Nombres 12,3) se soumet totalement à la volonté de Dieu.
Le combat prendra fin avec la « sortie d’Égypte ». Israël sort hors des
« frontières étroites » (étymologie de Mitsraïm = Égypte) de la
causalité, car la royauté de Dieu s’est révélée au-delà de la causalité
des mondes. Voilà ce que veut dire qu’il y a eu « saut » (traduction du
mot Pessa’h). Dieu a fait le « saut » c’est-à-dire qu’Il s’est révélé à
Israël. Israël, lui, peut se prévaloir du saut de la foi. Il sort hors
des frontières du monde physique et adhère à Dieu.
Dans cette dialectique interviennent les prescriptions de la Tora sur
la consommation de la matsa, « pain de l’abnégation », qui correspond à
l’abdication par Moïse de sa propre volonté pour se soumettre à Dieu.
Parce que le hassidisme dit que nous sommes toujours prisonniers des
limites de « notre Égypte », nous faisons l’apprentissage de la matsa,
comme l’enfant qui découvre le pain, et la connaissance. Au-delà du
concept galvaudé de la nourriture physique qui évoque le savoir, la
nourriture, en ce qu’elle alimente notre cerveau, siège de la
connaissance, permet réellement d’accéder au savoir. « Le pain est
l’aliment par excellence… Le premier accès à la civilisation. »
Le pain dont, ordinairement, nous faisons notre nourriture, le pain «
levé », est le rappel de notre savoir sophistiqué. Après avoir parcouru
l’univers des sciences et des connaissances, il nous faut revenir à la
case départ, et constater qu’au-delà des limites de la causalité, nous
ne savons rien. Et goûter alors la matsa « comme un retour aux racines
de la foi, à un état de la connaissance pure de tout mélange ». Et s’il
est vrai que la cuisson des matsoth, lors de la sortie d’Égypte,
répondait aux conditions de la fuite imposée, il n’en reste pas moins
que, dès l’abord, Dieu avait ordonné aux Hébreux d’accompagner la
consommation de l’agneau Pascal de matsoth (Exode 12,8). « La matsa
représente une des dimensions les plus fondamentales de l’exil et de la
sortie d’Égypte : une apparition, une révélation de Dieu tellement
dense et massive qu’elle écrase l’homme, aplanit son être et sa
culture. C’est comme si tout son savoir, qui s’était enflé comme du
pain levé au cours de l’année, ou des mille années écoulées,
s’émiettait soudain, face à la révélation de Dieu. »

Ainsi parlent les rabbins Adin Steinsaltz et Josy Eisenberg…
Les différentes branches du hassidisme ont profondément puisé dans
la mystique juive. Et le hassidisme, depuis le XVIIIe siècle, a été le
plus usité des vecteurs à perpétuer l’enseignement de la kabbale, la
mystique juive.

Cependant, si le hassidisme traduit l’élan populaire des fidèles et
l’enthousiasme du plus grand nombre, le mysticisme dont il s’est
inspiré est resté limité à des « happy few ». La difficulté intrinsèque
d’un enseignement ésotérique, le langage hermétique de certains écrits
hassidiques ont contribué à maintenir la mystique comme un enseignement
protégé.

Curieusement, c’est en France que, ces dernières décennies, la mystique
juive a fait une entrée sur le devant de la scène, dans un effort
d’initiation qui a conquis un public qui n’avait du judaïsme ordinaire
que des connaissances élémentaires ou fragmentées. Le mérite en revient
au rabbin Léon Achkenazi, dit Manitou qui, au lendemain de la guerre, a
eu recours à un enseignement ésotérique pour permettre aux jeunes juifs
intellectuels, mais ignorants du judaïsme, d’aller à la rencontre de la
Tora. Sans doute la formation philosophique des jeunes Français
a-t-elle rendu plus faciles les leçons de Léon Achkenazi, professeur de
philosophie et directeur de l’école des cadres Gilbert Bloch à Orsay.

L’un des prodiges de la mystique juive c’est que, de façon générale,
elle a su ne pas isoler ses adeptes de la communauté. Si le judaïsme
est… libre pensée, la discipline et la cohésion des fidèles ont été
maintenues grâce à la halakha commune. De ce point de vue, on a
justement remarqué que les grands mystiques juifs ont écarté des codes
de lois qu’ils ont rédigés la moindre allusion à la science ésotérique.
La mystique juive est-elle kabala, c’est-à-dire un enseignement de même
valeur que la halakha, en ce sens qu’elle aurait été transmise, selon
la terminologie propre au verbe K-B-L, depuis le Sinaï ? Dans la mesure
où le judaïsme ignore les dogmes, l’adhésion à la mystique, qu’elle
soit classique ou hassidique, demeure facultative. Mais elle constitue
une très grande satisfaction pour l’intellect. Ce qui explique
l’engouement actuel pour cette discipline, ainsi sans doute que
l’attrait, dans notre univers rationaliste, de connaissances réservées
et qui, s’agissant de la kabbale, présentent tant de titres
d’authenticité.

9:31
15 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

Passeur

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La symbolique de Pessah
 
 

Pessah est alors ce moment ritualisé une fois par an ou nous prenons conscience de la nécessité de sortir de nos enfermements et esclavages, de nos idolâtries qui nous empêchent de voir l’essentiel et de continuer à cheminer vers notre liberté et vers la lumière divine.
Une fois par an, les religions proposent de nous souvenir qu’il nous faut mourir à l’ancien de nous-mêmes pour faire advenir le nouveau. Et bien entendu, ces passages sont placés au moment du printemps, pour profiter de l’énergie de la nature qui sort de sa mort temporaire, de son endormissement naturel.
 
 

Pessah bénéficie en plus de la puissance de la pleine lune dont ceux qui y sont réceptifs perçoivent toute l’intensité de sa transformation.
 
 

Chez les chrétiens, le jeûne, qui précède Pâques permet de dégager les lourdeurs accumulées durant l’hiver et d’arriver allégé et disponible pour cueillir cette nouvelle année, ce renouveau de nous-mêmes.
 
 

Toutes les grandes spiritualités ont écrit sur les rituels de mort et de renaissance,[7] et bien entendu, il ne s’agissait pas que de mort physique ! Ainsi Pessah parle de passage, de seuil, de porte, Daleth, permettant de sortir des esclavages de l’année passée afin de toujours progresser, sa vie durant, vers notre terre promise, notre liberté.
 
 

Le passage de Pessah, la sortie d’Egypte correspond à ce dont Bouddha parlait lorsqu’il expliquait comment sortir de nos souffrances. Ce qui signifie savoir se détacher de nos attachements / esclavages pour parvenir à la liberté et à la joie. Ce sera cette traversée du désert, souvent longue comme l’annonce les 40 années de traversée de Moïse et de son peuple pour atteindre enfin la terre promise et parfois on meurt avant de l’avoir atteinte et parfois on y parvient. Tout dépend combien de temps nous décidons de rester enchaînés.
 
 

Enfin, Pessah ou Pâques ont des symboliques similaires. Sans croire à la résurrection du Christ, symboliquement, la crucifixion du Christ du vendredi saint représente aussi mourir à soi-même pour renaître le dimanche de Pâques, neuf et transfiguré pour rencontrer la lumière divine.
 
 

 
 

Christine Marsan.

[1] L’état adulte pour ceux qui font de l’Analyse Transactionnelle.
[2] Catherine Vidal. Cerveau, sexe et pouvoir. Belin. 2005.
[3] Stade de l’oralité siège de l’accès à la nourriture et correspondant à la symbiose affective avec la mère.
[4] Bien entendu, il y a un temps pour tout et à certains moments du développement un guide est nécessaire, du premier thérapeute qui nous aide à comprendre notre fonctionnement et nous permet de sortir de nos déterminismes psychologiques au guide spirituel. Mais un jour, il faut comprendre que la voie de la liberté passe uniquement par nous-mêmes. Voir Krishnamurti. Se libérer du connu. Le livre de poche. N° 13820.
[5] Ici c’est à chacun selon ses croyances.
[6] De notre vivant, il existe bien entendu des manifestations relatées dans l’Ancien testament / Torah.
[7] Livre des morts égyptiens et Bardo Thödol, livre des morts tibétains.

18:35
14 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

Passeur

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Le soir de Pessah est toujours un soir de pleine lune,  cette dernière se met en équilibre avec le soleil.

La lune représente la séphira Malhaout et le soleil la séphira Tiféret voici comment le Zohar nomme aussi ces deux sphères

 

Malhout: Chamor (garde)  Tiphéret : Zahor (souviens toi) de ces deux mots les sages nous disent que toute la Torah est comprise dedans.

Malhout: arbre de la connaissance  Tiphéret: arbre de vie

Malhout: bénédiction  Tiphéret: Israël

Malhout: épouse  Tiphéret: époux

Malhout: fille    Tiphéret: garçon

Malhout: Justice (tsédeq)  Tiphéret: Droit (mishpat)

Malhout: ouest    Tiphéret: Est

Malhout: Torah orale  Tiphéret: Torah écrite

Malhout: Parole  Tiphéret: le son de la voix

Malhout: Terre (Sainte)   Tiphéret: Ciel, Cieux

 

Ce soir les deux Luminaires,  sont en équilibre, une porte est ouverte dans le ciel.

L'homme est perfectible Pessah cacher vésaméah

 

Pessah et sa symbolique nous ramène au terme du forum
le plateau de Pessah :
- les 3 Matstot appélées Cohen, Levy et Israël sont Keter, Hohma, et Bina
- zéroua (l'os) Hessed
- betsa (l'oeuf) Guevoura
- Maror (herbes amères) Tiferet
- harosset (.) Netsah
- karpass (légume vert non amer) Hod
- korèkh (.) Yessod

Le plateau est Malhout et reçoit toutes les lumières.

Nous avons tenté de nettoyer notre hametz intérieur qui nous rendait et nous rend esclave.

 

18:34
14 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

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Baya, Pessa'h 5766 (Avril 2006)

 

Méditation sur Pessa'h

 

Marc Halévy – van Keymeulen

 

Pessa'h (hébreu) … Peskha (grec)… Pascha (bas latin) … Pascua (médiéval) … Pâque(s) …

Passage.

Passage de l'autre côté.

Libération hors de l'esclavage. De tous les esclavages.

 

Les Hébreux qui sont ceux qui nomadisent (le verbe hébreu EBR signifie "traverser, passer, féconder"), passent de l'autre côté (le verbe hébreu PS'H signifie "enjamber, passer par dessus").

 

Pessa'h : la métaphore absolue de toute métanoïa, de toute initiation, de toute libération.

Moshé en est la figure emblématique.

Moshé … Le verbe MShH en hébreu signifie "tirer de l'eau", mais écrit M-ShH, il pourrait suggérer "celui qui vient (M-) de l'agneau (ShH)".

Agneau pascal … Coïncidence ? Agneau pascal dont le sang sacrifié protègera les premiers nés de la mort promise.

Pessa'h : au-delà de la promesse de mort, promesse de vie.

 

Les kabbalistes ont noté que la nom de Moïse, MShH, lorsqu'on le renverse en HShM signifie Ha-Shem : "le Nom", qui est le pseudonyme que la Kabbale donne à Dieu, à l'innommable, à l'absolu, à l'ineffable, à l'imprononçable YHWH : le "Devenant".

Métanoïa, encore : retournement de l'homme à la rencontre du divin. Conversion. 

En s'inversant, l'homme atteint le divin. En s'inversant !

S'invertir au contraire de (se) divertir ou de (se) subvertir.

Tout divertissement est dévoiement. Toute subversion est stérile.

L'extérieur, qu'il soit mondain ou révolutionnaire, qu'il soit hédoniste ou idéaliste, qu'il soit lénifiant ou luttant, qu'il soit jouissant ou militant, n'apporte aucun salut, aucune rémission, aucun espoir.

Seule l'intériorité sauve. Seule l'intériorité libère.

Et l'intériorité appelle un retournement du regard vers l'intérieur, un renversement, une inversion.

 

Se sauver, c'est se libérer. Là germe le message crucial de Pessa'h.

Salut et libération sont synonymes.

Mais se sauver de quoi ? De l'illusion, donc de la mort. Car l'illusion des apparences mortelles renvoie à l'apparence illusoire de la mort. La mort n'existe pas puisque la vie est immortelle.

Mais la plupart des animaux humains existent sans vivre. Ils ne sont que mortels c'est-à-dire vagues éphémères à la surface de l'océan du réel. Ils ne connaîtront rien de l'océan et ne se justifient que dans l'écume de leurs propres vagues.

Se libérer, c'est plonger : se sauver dans l'apnée définitive loin des illusoires postures qui "donnent l'air". C'est quitter les "pots de viandes et d'oignons" pour aller affronter le désert.

Passer de la Terre de Mitzraïm et de l'esclavage, au Feu du Sinaï et de la révélation.

De la Terre de l'esclavage au Feu de la révélation, en traversant l'Eau de la mer de joncs que l'Air du vent (Ex.: 14,21) fend en deux.

 

Traverser la mer et l'eau ; traverser le miroir. Passer de l'autre côté, au-delà des reflets des apparences. Crever la surface et plonger dans les profondeurs. Abandonner toute superficialité. Affronter les abysses. L'eau n'est-elle pas symbole de l'inconscient, des rêves, des ténèbres enfouies, des mémoires perdues ?

"Et ils traversèrent les eaux à pied sec" …

L'eau ne mouille ni ne noie plus dès lors qu'elle n'est que le reflet des illusoires apparences qui n'engloutissent que les Coré et leurs veaux d'or, que les orgueilleux et les ignorants, ceux que les eaux amères de Marah ne désaltèrent pas, ceux que ni les cailles, ni la manne ne rassasient.

Les eaux de l'apparence s'écartent en deux murailles évanescentes dès lors que leur mystère est percé. L'eau est transparence. L'apparence est transparence, insignifiance.

 

Moshé, Israël et Pharaon ne forment que trois aspects d'une seule et même entité : l'homme sur le chemin de la libération.

Moshé : la rébellion.

Israël : la souffrance.

Pharaon : l'orgueil.

Trois personnages en quête de hauteur.

 

Le rébellion passe par le meurtre et par la fuite et par la rencontre et par la vocation.

Le meurtre du garde-chiourme : la violence de la colère qui refuse.

La fuite dans le désert : le rejet des hommes et l'érémitisme.

La rencontre du buisson ardent : le révélation mystique, l'extase.

La vocation de libération : l'homme n'est pas libre s'il n'est que partiellement libre.

 

La souffrance naît de l'absurde : plus de briques avec moins de paille,  plus de morts parce que trop de vies, plus de violence parce que moins de force.

Souffrance n'est pas douleur. La douleur est dans l'instant du réel. La souffrance est dans l'imaginaire et le fantasme, dans la peur d'une douleur possible ou rêvée. Souffrir, c'est avoir peur ; peur de quelque chose qui n'est pas encore ou qui n'est plus. La souffrance n'appartient pas au présent. Elle n'appartient donc pas au réel.

 

L'orgueil : besoin irrépressible de dominance. Tout n'est qu'objet à accaparer, même la vie, même la pensée. Réponse absurde à la peur. A la peur de manquer. A la peur de souffrir. A la peur de mourir.

Mais que manque à qui ne désire rien ?

Mais que souffre qui ne craint rien ?

Mais qui meurt quand vient le trépas ?

 

Entre souffrance et orgueil, l'homme s'enlise entre peur et peur.

Se libérer, c'est donc vaincre la peur.

Vaincre toutes les peurs. Tarir la source unique de toutes les peurs.

Ô source mystérieuse et profonde, cachée par sa propre évidence. Eau, encore …

Source unique de toutes les peurs …

Elle s'appelle "ego". S'il y a un "moi", il y a un "autre" qui est potentiellement danger pour le "moi" : là naissent toutes les peurs qui sont toutes peur de l'autre, c'est-à-dire peur de l'inconnu, de cet inconnu qui porte mille noms : après-mort, étranger, dénuement, exil, rupture, vieillissement, transformation, changement, mutation.

Homme : être vivant ambigu qui vit contre la vie qui, elle, est mouvement et changement perpétuels. Animal peureux qui a peur de tout et surtout de lui-même en tant qu'il change, évolue, vieillit, meurt.

 

Passage donc. Passage au-delà de la peur. Au-delà de toutes les peurs. Dépassement de ce soi qui se cristallise en un ego figé et aveugle, éperdu du rêve de cette fixité absurde qu'il appelle éternité. Ego : dernière bouée où s'accrocher lorsque l'on ne sait pas encore que l'on est vague de l'océan, eau dans l'eau.

 

La voie s'ouvre d'abord par la rébellion qui est, au plus profond, par priorité, révolte massacreuse contre l'ego. Tuer l'ego. Tuer le garde-chiourme. Sortir radicalement de la peur, de toutes peurs. Entrer dans le flux. Entrer dans le flot. Entrer dans les flots de la mer de joncs. Traverser les flots.

Et de l'autre côté, trouver sa propre vocation dont l'ego ressuscité n'est que l'esclave docile, le servant servile.

Passer de l'effet : l'ego, à la cause : la vocation. Passer de l'apparence à l'intention. Car l'ego n'est que le nom que l'on donne au porteur. Et le porteur ne vit, ne vaut que par ce qu'il porte.

S'il n'est que moyen, que véhicule, qu'ustensile, l'ego n'est plus guère un souci ; pas plus que le tranchoir de pain qui porte les sucs et les fruits de la vie.

 

Mais, si la rébellion – cette révolte définitive contre les enlisements de la vie dans les boues de l'existence – est indispensable et nécessaire, elle n'est jamais suffisante. Moshé, dans sa fuite, est vite rattrapé par la prospérité, les troupeaux, la fille et la sagesse du bon Yétro qui l'accueille si généreusement.

L'ego se reconstruit vite, même dans le dénuement et la solitude, même dans le désespoir et la misère, même dans l'exil et l'isolement. Il se nourrit sournoisement d'abnégation, de générosité, de sacrifice, de pitié, de commisération, de dévouement. Il n'est pire égoïste que celui qui ne vit que pour autrui. Il faut se méfier des généreux : ce sont des tyrans au nom et sous couvert de l'amour !

 

Seule une vocation, un appel, une mission peuvent faire dépasser l'ego.

Rencontre avec un buisson ardent …

Rencontre avec le mystère profond de toute vie, de la Vie qui dit : "Tu n'es rien par toi-même, tu ne deviens qu'en servant ce qui te dépasse. Tu ne t'accomplis qu'en accomplissant".

 

La vocation est écoutée mais refusée dans un premier temps : il y a tant de bonnes et belles raisons de ne pas entreprendre l'âpre chemin de l'accomplissement. Les chemins de la stagnation résignée et de la délectation morose, de la révolte verbale et de l'enlisement nostalgique sont tellement plus aisés.

Mais lorsque l'appel est le plus fort, lorsque l'ego finit par se dissoudre et que se brisent les factices frontières entre "moi" et "autre", que l'océan prime enfin sur ses vagues dérisoires, alors la métanoïa peut commencer, alors la vie éternelle prend le pas sur l'existence éphémère, alors le mouvement transcende toutes les fixités.

 

Alors, la guerre commence, aussi …

La guerre contre l'orgueil de Pharaon. La guerre contre les souffrances d'Israël. La guerre contre toutes les peurs.

Guerre contre l'orgueil, une guerre en dix batailles symboliques. La plus facile. Dix plaies à affronter et à panser. A penser, aussi.

L'orgueil s'effondre dès que l'inconfort s'accroît.

Celui qui a tout perdu n'a plus rien à perdre. Pas même la face.

Guerre contre les souffrances, aussi, qui sont devenues un fond de commerce, une référence de vie, un édredon douillet où l'on se complait en lamentations et apitoiements. Une guerre contre la peur de peiner. Curieux retournement où la souffrance devient jouissance rassurante par l'apitoiement sur soi et sur ce qui se ressemble. Le malheur imaginaire, alimenté par la mémoire des douleurs réelles, se mue en un foyer chaud et doux du connu face à l'inconnu qui guette : mieux vaut rester esclave ici que devenir nomade ailleurs …

 

Si Moïse symbolise l'âme, cet élan profond, porteur de vocation, qui anime l'existence en vie, ce souffle qui ébranle la matière et la pousse à devenir, alors Pharaon représente l'orgueilleuse 

prétention hégémonique de la raison raisonnante, de l'empire de la rationalité, et Israël évoque le cœur qui souffre, cette sensibilité écorchée que les pierres de la barbarie, de la vulgarité et de la bêtise lapident sans trêve.

L'âme, au sortir de sa métanoïa (joli mot grec qui évoque ce qui est au-delà de la connaissance), doit revenir au corps esclave et convaincre l'intellect et la sensibilité, l'esprit et le cœur, la raison et l'intuition, de quitter l'ornière du relatif et de l'éphémère pour partir vers les déserts infinis de l'absolu et de l'intemporel.

 

Pour vaincre l'intellect rationnel, l'âme transfigurée mène son combat pied à pied : les dix plaies successives d'Égypte en témoigne. Pharaon ne cède que lorsque s'effondre sa propre pérennité : la mort des premiers nés. La raison qui se fige et se fixe devient stérile, négation d'elle-même puisque tout raisonnement est d'abord mouvement, progression, dé-monstration.

L'idée qui ne se propage pas, qui ne prolifère pas, meurt.

Les dix plaies successives construisent une logique d'enchaînement implacable : dès que l'eau devient sang, les grenouilles quittent le Nil pour aller mourir et pourrir, provoquant une invasion de charognards et de vermines qui induisent épidémies et ulcères ; les champs délaissés par les malades sont ravagés par les sauterelles dont les nuages immenses masquent le soleil et portent la nuit au cœur du jour. Au bout du bout, au bout de tout, les enfants meurent et, avec eux, tout espoir d'avenir.

Enchaînements de causes et d'effets : inéluctable mécanique de la rationalité ratiocinante.

Curieuse boucle : tout cet enchaînement commence avec le sang de l'eau du Nil égyptien et se clôt avec l'antidote du sang de l'agneau sur les linteaux des portes hébraïques.

Du sang au sang.

L'eau (du Nil) devient sang pour que le sang mène à l'eau (de la mer de joncs). Dialectique du sang et de l'eau … du vital et de l'océanique … du réel et de l'absolu …

Le sang (du garde-chiourme) abreuve de sable (du chantier) pour que le sable (du désert) vivifie le sang (d'Israël). Dialectique du sang et du sable … de l'élan et de l'inerte …

 

Vaincre le cœur, la souffrance et la peur n'est pas aussi limpide. Le charisme semble l'emporter facilement, mais la rancœur – le cœur rance – s'installe vite. Le cœur hait l'incertitude parce que le cœur hait la peur et lui préfère tous les esclavages et toutes les souffrances. Moïse convainc le peuple parce qu'il lui offre de nouvelles convictions qu'il prend pour des certitudes, convictions qui semblent moins pénibles que les peines de l'esclavage. Mais la moindre soif, la moindre faim les feront s'effondrer. Le cœur ne résiste guère mais il n'oublie rien. Il se grise de promesses mais ne pardonne rien. Cœur et rancœur sont les deux faces de la même monnaie.

 

L'homme est ainsi fait que son intellect et sa sensibilité oeuvrent ensemble contre l'ennemi définitif et unique : la peur. L'intellect en s'inventant des vérités rassurantes, le cœur en se tissant des attaches illusoires.

L'âme, face à eux, sermonne et prêche le lâcher-prise, le détachement, le non-agir.

Injonction biblique s'il en est, maintes fois répétées : sors, pars, quitte … La même injonction faite à Adam, à Noa'h, à Abram devenant Abraham, à Jacob devenant Israël, à Moïse et à tout Israël.

Affronter l'inconnu ou se pelotonner dans le connu, même néfaste.

Là germe tout le dilemme central de toute existence : le doute face à la peur.

Qu'ai-je à gagner ? Qu'ai-je à perdre ?

Esclave, je sais ce que j'ai. Fuyard, je ne sais que ce que je n'ai plus.

L'exil est un choix, mais c'est un choix difficile pour celui qui croit qu'il a quelque chose à perdre.

L'existence vulgaire n'est que quête de rassurance.

Rassurance par la continuité, par la fixité, par cette immobilité qui laisse croire à l'éternité.

"Un tien vaut mieux que deux tu l'auras. Ne pas lâcher la proie pour l'ombre". Dictons populaires et sagesse vulgaire.

 

Face à l'inconnu s'affrontent peur et curiosité, esprit de rassurance et esprit d'aventure.

Dilemme .. Aporie … Angoisse …

L'ego a tant à perdre qu'il s'y perd, qu'il se perd. L'ego résiste, par l'intellect et le cœur, aux appels de l'inconnu. Il déteste ses incertitudes. Il les refuse. Et pourtant …

Tout n'est qu'incertitude. La vie elle-même n'est qu'incertitude, pari, aventure, risque. La vie est création continue : on ne trempe jamais deux fois dans le même fleuve.

 

Esclave, je sais ce que j'ai. Fuyard, je ne sais que ce que je n'ai plus.

Esclave, je sais que je ne suis rien. Nomade, je sais que je deviens.

Dilemme existentiel entre l'avoir et le devenir. Entre possession et vocation.

L'esclave appartient à un lieu. Le nomade, comme l'exilé, n'appartient à aucun. Son enracinement s'ancre ailleurs que dans le sol, ailleurs que dans la matière, ailleurs que dans le territoire.

Le chemineau chemine sur le chemin que crée ses propres pas. Son voyage est sa patrie. Son havresac est toute sa fortune. Il ne peut posséder que ce qu'il peut porter : c'est infime. Il peut périr, mais ne perd pas la vie cependant puisqu'il sait que la vie qui le porte est immortelle et que le chemin fait ne peut s'effacer.

 

La nuit de Pessa'h est celle de ce passage immense du sédentaire au nomade, de l'esclave à l'exilé, de l'être au devenir.

Passage de ce que l'on croit être à ce que l'on peut devenir.

 

L'intellect est vaincu, le cœur s'abandonne, l'âme triomphe. Moïse traverse la mer de joncs avec sa horde palpitante. Pharaon veut le poursuivre, l'arrêter : il s'enlise à jamais. L'intellect, la raison, la rationalité ont atteint leur limite. Ils ne passeront pas au-delà. Ils ne peuvent assumer l'indicible. Ils sont impuissants face à ce qui dépasse tous les mots et tous les concepts. Seul le cœur, s'il est confiant, pourra suivre l'âme sur ces chemins-là, dans ces déserts-là, vers ces montagnes-là.

Débarrassée des fausses certitudes, l'errance peut commencer !

 

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18:27
14 avril 2011


emmanuel

Strasbourg World indigène

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Auteur : Le Rav Max WEIMAN

Pour : lamed

traduction : Ra'hel Katz

Adapté par Aschkel

Le mot Pessa’h n’est pas toujours très bien compris. La plupart des gens sont habitués à sa traduction "Pâque" et certains savent qu’elle fait référence au fait que D.ieu est passé au-dessus des maisons des Juifs durant la plaie des premiers-nés en Égypte (voir Exode 12:13). De manière plus directe, nous sommes reconnaissants envers D.ieu de nous avoir épargnés durant cette plaie. Toutefois, cette explication comprend deux difficultés manifestes.

Premièrement, le fait que D.ieu ait sauté de maison en maison est plutôt contradictoire avec ce que nous connaissons de Lui. Il est capable de frapper n’importe quelles maisons de Son choix, toutes au même moment précis. Pour un Être de nature infinie, "sauter" une maison n’a aucun sens. Il n’est pas Superman volant dans les airs.

Lorsque le mot Pessa’h devint le nom d’une fête, un fait métaphysique fut concrétisé au sujet de la semaine de Pâque : la possibilité de faire un bond dans son développement spirituel.

Deuxièmement, le fait d’avoir sauté de maison en maison n’est certainement pas le point le plus significatif de l’Exode. Pourquoi nommer une fête d’après une partie d’une seule plaie ? Et les neuf autres ? Et qu’en est-il de la délivrance de l’esclavage ? Et du partage de la Mer Rouge ? On aurait plutôt tendance à penser que le nom d’une fête corresponde à la caractéristique la plus extraordinaire de tout l’événement.

 

La réponse à chaque question permettra de résoudre la suivante. Lorsque D.ieu nous a dit de répandre du sang sur le linteau des portes de la maison afin qu’elle soit sautée, Il sous-entendait que les Juifs méritaient d’une certaine manière que la plaie des premiers-nés les affectât eux aussi en même temps que les Égyptiens. Soit dit en passant, le commandement de racheter les premiers-nés, mentionnée dans l’Exode 13:12, fait écho à l’idée que D.ieu a épargné nos premiers-nés. C’est la miséricorde de D.ieu qui L’a incité à sauter les maisons juives.

 

 

 

La miséricorde de D.ieu L’a également incité à nous épargner de nombreuses années de la période d’exil en Egypte telle qu’elle avait été initialement prévue. En effet, à l’origine, Il avait dit à Abraham que ses descendants seraient asservis durant 400 ans. Pourtant, la durée de l’exil fut raccourcie à 210 ans.

Un autre type de saut se produisit la nuit même de l’Exode. La sortie d’Egypte donna lieu à une course insensée qui trouva son expression dans le fait qu’on ait sauté le détail pratique de laisser à la pâte le temps de lever. Bien entendu, D.ieu peut nous faire enjamber le temps ou l’espace à Son gré pour renforcer notre relation avec Lui.

À quoi se rapportent donc tous ces éléments ? Lorsque le mot Pessa’h devint le nom d’une fête, un fait métaphysique fut concrétisé au sujet de la semaine de Pâque : la possibilité de faire un bond dans son développement spirituel.

LES CABLES DE DEMARRAGE DE D.IEU

Le mot "pessa’h" lui-même renferme une notion de saut mystique. Pessa’h se compose de trois lettres: Pé, Samekh et ‘Het. Les kabbalistes disent que pessa’h peut être lu en deux mots, révélant ainsi un sens plus profond : Pé Sakh, ce qui signifie : "la bouche parle". Ces deux mots sont formés de quatre lettres : Pé, Hé, Samekh et ‘Het. La Tradition Orale nous dévoile donc que la lettre Hé fut sautée.

Qu’est-ce que parler ? C’est rendre réel des idées. Partir d’un potentiel pour en faire une réalité.

Du point de vue conceptuel, la "bouche qui parle" fait référence à ce qui se passe durant le Séder lorsque nous racontons la sortie d’Egypte. Le mot Haggada signifie "parole". La Kabbale nous enseigne que chaque mois du calendrier possède un lien étroit avec une faculté humaine spécifique. Ce mois de Nissan est relié à la faculté de parler. Qu’est-ce que parler ? C’est rendre réel des idées. Partir d’un potentiel pour en faire une réalité. Nissan est le mois au cours duquel le monde est devenu une réalité. C’est également le mois durant lequel le peuple juif, de nation potentielle, est devenu une réalité.

Cette transformation de potentialité à réalité a nécessité un bond surnaturel procuré par D.ieu. Telle est l’essence même de Pessa’h. Nous désirons tous donner plus de sens à notre vie. Nous aimerions vivre une expérience transcendante. Mais, il nous faut lutter pour nous élever spirituellement. C’est difficile et demande que nous nous changions. Durant Pessa’h, nous avons une occasion exceptionnelle d’utiliser les câbles de démarrage de D.ieu : le "bond" suprême. Saisissez l’opportunité qui se présente à vous et demandez à D.ieu de vous donner le tonus que vous attendez.

http://www.aschkel.info/articl…..88994.html

 

http://entre2mondes.over-blog……06462.html

 

 

 

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