Publié le 2006/12/31 par Spartakus
Étant dans la préparation d"un dossier portant sur la Kabbale lourianique, j"en profite pour remettre dans ce forum le texte suivant.
Ce post peut servir de base à une discussion sur la Kabbale d"Isaac Louria, dit le Ari…
"Après le Tsimtsoum, la lumière divine jaillit dans l"espace vide sous forme de rayon en ligne droite. Cette lumière se nomme Adam Kadmon, c"est-à-dire, l"Homme primordial".
Adam Kadmon n"est rien d"autre qu"une première figure de la lumière divine qui vient de l"essence de l"En-Sof (in-fini) dans l"espace du premier Tsimtsoum, non pas de tous côtés, mais comme un rayon dans une seule direction. Au départ, les lumières émanées étaient équilibrées (Or vachar veor hozère), puis les lumières qui jaillirent des yeux de l""Homme Primordial" émanèrent selon un principe de séparation, atomisées ou punctiformes (olam hanequoudim). Ces lumières furent contenues dans des vases solides. Quand ces lumières émanèrent par la suite, leur impact se révéla trop fort pour leurs récipients qui ne purent les contenir et, de ce fait, éclatèrent. La majeure partie de la lumière libérée remonta à sa source supérieure, mais un certain nombre d"étincelles demeurèrent collées aux fragments des récipients brisés. Ces fragments, de même que les étincelles divines qui y adhéraient, "tombèrent" dans l"espace vide. Ils y donnèrent naissance à une moment donné au domaine de la Qlipa que la terminologie cabaliste nomme l""autre côté".
La brisure des vases introduit dans la création un déplacement. Avant la brisure, chaque élément du monde occupait une place adéquate et réservée; avec la brisure, tout est désarticulé. Même les Sephiroth, dont les récipients auraient dû recevoir l"influx supérieur de lumière et transmettre – selon les lois de l"émanation – aux niveaux d"êtres inférieurs, ne se trouvèrent plus à leur place. Tout est désormais imparfait et déficient, en un sens "cassé" ou "tombé". Toutes les choses sont "ailleurs", écartées de leur place propre, en exil…
On comprend alors le sens du troisième moment du processus lourianique : le Tiqqun; il s"agit de restaurer, de réparer la brisure, d"une certaine manière de retrouver et de situer toute chose à sa place : c"est le rôle de l"homme; là est son histoire."
MA Ouaknin, Le Livre Brûlé, Editions du Seuil 1994, Collection sagesse, pages 391 et 382.
Amitiés
Spartakus