Publié le 2007/07/26 par Gabriel
Dans son Derek HaShem, le Ramhal expose que l’homme possède un pouvoir d’action sur le monde matériel, et ce indépendamment de la succession de dépendances que nous nommons grossièrement « lois naturelles ». Il serait donc possible pour l’homme d’agir sur son environnement selon ses propres lois, et par là même interrompre ou transformer les lois physiques. C’est là le principe de la théurgie, par laquelle l’homme peut transcender sa condition physique et atteindre une conscience spirituelle élevée.
Le Ramhal s’empresse toutefois de souligner que le monde reste soumis à la Volonté de Dieu, qui est souverain dans la décision de permettre ou d’interdire une altération des lois naturelles. Il donne pour exemple la génération d’Enoch, qui maîtrisait les forces naturelles mais n’en fut pas moins incapable d’empêcher le désastre qui lui advint.
Deux formes de théurgie sont décrites ; la première est l’usage de Noms divins, la seconde l’appel à des forces angéliques.
Dans le premier cas de figure, il est écrit que Dieu a révélé son Nom (Exode 3 :15) et que celui-ci amènerait une bénédiction sur celui qui le prononcera (Exode 20 :21), l’influence dépendant du Nom utilisé. Toutefois, des conditions particulières doivent être remplies pour que le Nom produise l’épanchement désiré. Il est notamment écrit qu’une grande proximité de Dieu sera nécessaire, faute de quoi l’effet sera diminué, voire nul. Cette connaissance pourrait toutefois mener à la réception de l’esprit divin ou à la prophétie.
Dans le second cas, celui des anges, une grande proximité de Dieu n’est pas nécessaire, mais accroîtra considérablement la réussite de l’action. Les anges sont pour la plupart limités à un champ d’action qui leur est propre. Toutefois, il est possible qu’ils augmentent leur zèle, et même qu’ils sortent de la norme des lois naturelles. En prononçant le Nom qui s’identifie à l’un des attributs de Dieu, on s’attacherait du même coup le ou les ange(s) qui sont rattachés à cet attribut (voir à ce sujet les Noms séphirothiques, notamment dans les « portes de la lumière » de Gikatila). Il convient donc de rester dans les limites d’attributions.
Quel que soit la forme de théurgie, il convient de rappeler que celui qui fait usage de sorcellerie (citée comme étant celle utilisée en Egypte) ou de théurgie en vue de sa propre réussite, sera condamné à la chute. Dans certains cas, l’auteur sera même détruit dans ce monde-ci, mais également dans le monde à venir.
En guise de conclusion, le Ramhal écrit que par ce biais, la fonction de l’homme serait d’expulser le mal de sa propre nature, mais aussi de la création dans son ensemble, mal qui est d’ailleurs ultimement voué à la disparition de par sa nature créée. Encore une fois nous est indiquée quels sont les objectifs pour lesquels la théurgie peut être utilisée. "L"homme de Dieu n"est pas rendu savant par les livres.
L"homme de Dieu est au-delà de l"impiété et de la religion."
- Mawlana Djalal Od-Din Rumi