Chapitre 1 – De la Cabale – Livre II du Magus par Francis Barrett.

Nous allons à présent utiliser notre plume afin d’expliquer les très hauts et très mystérieux secrets de la Cabale, par lesquels seuls nous pouvons connaître la Vérité; et par là même expliquer comment préparer notre esprit et notre âme à la contemplation de la plus grande et belle part de la Magie, que nous nommerons intellectuelle et divine, car elle a pour objets Dieu et les esprits bénéfiques; et puisque l’art cabalistique ouvre de nombreux et magnifiques mystères et secrets de la magie cérémonielle.

Mais pour ce qui relève de l’explication ou de la publication de ces quelques secrets de la Cabale, qui sont connus de peu d’hommes sages, et communiqués de bouche à oreille uniquement, j’espère que l’étudiant me pardonnera si je passe ceux-ci sous silence, car il ne nous est pas permis de divulguer certaines choses; mais cela nous le ferons ; nous ouvrirons ces secrets qui sont nécessaires à être connus; et par la lecture attentive desquels, vous découvrirez, par vous-mêmes, combien ils sont profitables et délicieux.

Par conséquent, tout ce que nous sollicitons est que ceux qui perçoivent ces secrets doivent les garder secrets et ne pas les exposer ou en discuter avec ceux qui n’en sont pas dignes; mais de les révéler seulement aux amis fidèles et discrets qui s’en montrent dignes. Et nous vous mettons en garde ici dans cette introduction que toute expérimentation magique fuyant le public, cherchant à se cacher, est renforcée et confirmée par le silence, mais est détruite par sa publication; aucun effet ne s’en suivra plus après : de la même manière, toute vertu de vos oeuvres souffrira de leur contact avec des esprits faibles et incrédules; par conséquent, si vous désirez être un magicien, et obtenir les fruits de cet art, soyez secrets et ne rendez manifestes à aucun ni vos oeuvres, ni vos lieux, ni vos périodes, ni vos désirs ou volontés si ce n’est à un maître ou à un partenaire, ou à un compagnon, qui sera tout aussi loyal, discret, silencieux et digne par nature et par éducation; considérant que même la folle parole d’un compagnon, son incrédulité, son doute, son questionnement et, enfin, son manque de dignité perturbent et affectent toute opération.