Par Spartakus FreeMann

Toutes les Sephiroth émettent de la lumière et en reçoivent, mais cette lumière peut être plus ou moins intense. Il est dit que l’émission de lumière est de nature masculine alors que la réception est de nature féminine. En ce sens, toutes les Sephiroth, sauf Kether, sont bisexuées. Chacune des 10 Sephiroth reçoit l’influx qui lui parvient de l’En-Sof et l’épanche à son tour :

« Chacun des degrés sans exception de YHVH, béni soit-Il, possède deux forces ; une force reçoit de ce qui est au-dessus d’elle, et sa seconde face épanche de la bonté à ce qui est au-dessous d’elle, jusqu’au nombril de la terre (Malkhut). Chaque degré sans exception se trouve donc posséder deux instances : une puissance de réception pour recevoir l’épanchement de ce qui est au-dessus de lui, et une puissance d’émission pour épancher du bien à ce qui est en dessous de lui, de cette façon les structures sont dites androgynes, en tant que recevant et épanchant. C’est là un grand secret parmi les mystères de la foi » [1].

Et selon Mopsik : « Chaque Sephira — et donc l’ensemble de l’Émanation — est à la fois mâle et femelle, épanchant et recevant » [2].

On peut alors se demander : comment se fait-il que certaines sephiroth soient appelées mâles et d’autres femelles, si toutes sont androgynes ? Il semble en fait que le distinguo dépende du mode d’épanchement et de réception, plutôt que de constituer une qualité intrinsèque de la Sephira.

« En réalité il s’agit de quatre Sephiroth particulières qui reçoivent et épanchent, et tel est le secret de l’androgyne. Pareilles sont les autres dimensions constituant l’unité de la chaîne supérieure sainte et pure, elles relèvent également du secret de l’épanchant et du recevant. Pourquoi certaines sont appelées « femmes » (Binah, Guebourah, Hod et Malkhut) ? Parce que la couleur des dimensions qui s’épanchent en elles est gravée en leur sein et, à travers elles, elle apparaît comme un pilon dans le mortier, car elle ne s’en détache jamais. Quant à toutes les autres dimensions, elles sont imbriquées de la même façon, sauf qu’ici, il y a couleur au-dessus d’une couleur, comme la flamme sur la braise » [3]. Ici, le mot couleur désigne le contenu substantiel caractéristique de chaque Sephira. Selon Hamadam, Kheter seule est uniquement masculine tandis que les autres sont androgynes, les Sephiroth mâles sont Hokhmah, Hessed, Tiphereth, Netzah, et Yesod.

Il existe donc, d’une certaine façon, un double état androgynal : l’androgynie féminine (neqèvah) pour les Sephiroth féminines et l’androgynie masculine (zakhar) pour les Sephiroth masculines.

De manière générale, les Sephiroth mâles sont des énergies expansives et créatrices, et les Sephiroth femelles sont des restrictions et des stabilisations de ces forces.

Notes :

[1] Joseph Gakitala, Cha’aré Orah, chapitre 5 fol. 58b.

[2] Mopsik, Le sexe des âmes, 2003, p. 54 .

[3] J. de Hamadam, Fragments d’un commentaire sur la Genèse, Editions Verdier, 1998, traduction par Ch. Mopsik, pages 51-52.

Tree of Life derived from the Flower of Life, par sloth_monkey, 2006.