Par Spartakus FreeMann

Les qamiah – ou talismans – sont l’une des expressions les plus courantes de la Kabbale Pratique. Ces amulettes, devenues populaires ‘grâce’ à la cabale chrétienne, se trouvent en profusion dans toutes les boutiques ésotériques, la plupart du temps sous forme de petites médailles métalliques promettant amour, protection, etc.

Hélas, la plupart des motifs représentés ont subi les erreurs successives des multiples copieurs des dessins originaux, jusqu’à devenir complètement incorrects. De plus, la création d’un qamiah nécessite une ascèse que peu de gens peuvent reproduire. C’est donc surtout à titre d’information que nous reproduisons ici le mode de création traditionnel d’un qamiah.

Tout d’abord, celui qui désire créer un qamiah devra être capable de reproduire les lettres de façon parfaite en écriture carrée. La moindre rature ou erreur de proportion réduira les pouvoirs du talisman à néant.

Ensuite, il faudra se procurer le matériel adéquat ; une plume taillée ou un matériel de calligraphie s’impose, afin de réaliser les pleins et les déliés correctement. À l’encre devra être ajoutée une petite mesure de myrrhe. Le parchemin dépendra de la circonstance et du qamiah, mais à défaut de précision, une peau d’agneau fera l’affaire. Veillez à ce qu’elle soit aussi lisse que possible.

Enfin, la mise en condition pourra commencer. Un jeûne de trois semaines s’impose, durant lesquelles il faudra se garder abstinent, et se tenir à l’écart de toutes les choses impures (sang menstruel ou animal, cadavre…), de la viande animale et du vin. Plusieurs bains rituels doivent être effectués chaque jour, accompagnés de prières et de suppliques.

Cette première étape ayant été faite, la création du qamiah en lui-même peut commencer. Sachez qu’il faudra sept jours pour le réaliser, durant lesquels vous devrez vous tenir à l’écart de toute pensée, personne, ou action impure. Vêtu de vêtements propres, celui qui écrit le qamiah prononcera la prière suivante ;

Rétsonékh’a kemo Elohi (Ta volonté soit faite, mon Dieu)

Bashem Ehyeh Asher Ehyeh (Au nom de Celui qui est)

Bashem Mikael (Au nom de Michaël)

Bashem Yagal Pazaq (Au nom de Yagal Pazaq)

Bashem Oten Yah (Au nom du don de Dieu)

Bashem Tsour Tag (Au nom du rocher couronné)

[[ Ndlr : voir les Psaumes, 18 et 28 entre autres, où on fait référence au roc qu’est Dieu]]

Bashem emeth (Au nom de la vérité)

Haoth haQadosh Barouk’ Hou (Le signe du Saint, Bénis soit-Il)

Bashem Yahou Youi Tsevaoth (Au nom de notre Dieu unique Youi des légions)

[[ Ndlr : je n’ai pas trouvé de traduction convaincante de Youi ]]

Al Kerouvim (Au-dessus des Chérubins).

Il tracera alors les lettres avec le plus grand soin, en concentrant toute son attention sur le symbolisme de ce qu’il écrit. S’il devait ne pas connaître le sens des lettres qu’il trace, il ne saurait leur donner le pouvoir dont elles ont besoin pour activer le qamiah.

Une fois le qamiah achevé, il pourra être activé en récitant les mots qui y sont inscrits.

Le moment qui correspond à la création d’un qamiah, et le dessin de certains qamiah peuvent se retrouver dans le Sepher Raziel, qui fait référence en la matière. On peut également en trouver dans les fameuses Clefs de Salomon, mais il convient alors de vérifier la véracité des motifs.