Exposition à Besançon du 28 janvier au 28 février 2010.

Avec son école, ses maisons, ses échoppes où l’on trouve de tout à toute heure, Aqabat Jabr a l’air d’une banale petite ville du Proche-Orient. C’est pourtant l’un des 58 camps de réfugiés palestiniens officiellement recensés par l’UNRWA, l’Agence des Nations Unies chargée de leur gestion depuis 1948. Situé en Cisjordanie à proximité immédiate de Jéricho, et tout proche de la Mer Morte, Aqabat Jabr compte aujourd’hui 5600 habitants, administrés par une quinzaine de membres élus et bénévoles du Comité populaire.

Comme sur tout le pourtour méditerranéen, le problème crucial est l’accès à l’eau. Les pluies sont rares, l’évaporation est forte et le déficit en eau est permanent. À ces contraintes géographiques s’ajoutent les conséquences du conflit israélo-arabe : coupures inopinées et restrictions imposées.

Calligraphie de Michel D’anastasio

À l’issue d’une première mission fin 2004, c’est sans hésiter que la Ville de Besançon a choisi d’orienter sa coopération sur la rénovation du réseau d’eau et d’assainissement du camp d’Aqabat Jabr, avec un véritable programme de développement. Car réparer l’infrastructure ne suffit pas. Il faut aussi savoir gérer la ressource et ne pas la gaspiller. En complément des travaux sur le réseau, un travail de formation et de sensibilisation est mené pour faire prendre conscience aux habitants que le suivi de la consommation, le repérage des fuites et quelques gestes simples peuvent permettre d’économiser beaucoup de cette eau si rare et objet de tant d’enjeux dans cette région du monde.

Rénover un réseau d’eau et d’assainissement, ce sont des engins de chantier, des tranchées, des canalisations ; du concret, du quotidien, de l’immédiat. Aucun voisinage, aucune complicité avec les utopies.

Et pourtant, plus nous avançons dans le travail technique, plus nous essayons de comprendre les chemins compliqués que prend l’eau pour couler de sa source jusque dans les maisons, plus profondément nous sommes plongés au cœur de l’histoire des uns et des autres. Pour le Palestinien, c’est la Naqba, la grande catastrophe qui l’expulse de sa terre ; pour l’Israélien, c’est la Shoah et le retour à la Terre Promise. Une histoire en apparence irréconciliable et pourtant si étroitement mêlée que seul le droit de chacun à vivre en paix peut lui donner du sens.

Deux artistes racontent cette histoire, en nous parlant de l’eau à leur manière. Michel d’Anastasio écrit l’eau : il calligraphie la lettre hébraïque, libère sa forme, questionne ses symboles et ses racines. Lin Delpierre photographie la vie sans eau : les maisons du camp palestinien, le ciment des murs, l’air saturé de chaleur et de poussière et la terre sèche, si sèche.

De ces recherches naît une œuvre à quatre mains qui interroge l’histoire des uns et des autres avec l’espoir, qui sait, que la paix soit un jour autre chose qu’une utopie.

La paix comme utopie :

– découverte d’une exposition urbaine de Lin Delpierre et Michel d’Anastasio / jeudi 28 janvier 2010, 16h45 – rendez-vous Place Pasteur

– projection des œuvres sur écran d’eau : jeudi 28 janvier 2010 à 17h ; Pont Battant

– exposition en extérieur : du 28 janvier au 28 février 2010, Grande Rue

Contact : Direction des Relations Internationales 03 81 61 59 44 : [email protected]

Le site de Michel D’Anastasio.

Le site de Lin Delpierre.

Calligraphie de Michel D’anastasio