Ce texte est tiré du manuscrit d’Aboulafia, Or haSeichel, la Lumière de l’Intellect. La traduction sommaire est due à Rosh haEl, qui s’est basé sur le texte du Pardès Rimonim de Cordovero. Il devrait permettre aux étudiants d’entrer dans le texte même d’Aboulafia.

Nous avons inclus à la fin la copie du manuscrit original se rapportant aux vocalisations du Nom, quatre tableaux montrant les lettres avec les points voyelles pour la prononciation. Nous avons également inclus un tableau de ces points voyelles pour la facilité des lecteurs.

Spartakus FreeMann

Il est bien connu que les lettres de l’alphabet hébreu n’ont aucune vibration propre, et par conséquent, le Saint béni soit-Il institua dans la nature, en accord avec l’Intellect, les pouvoirs dans la bouche afin d’amener les lettres à leur prononciation, selon la forme de leur existence telle que dans ce livre. Et les points voyelles furent établis dans les lettres afin de montrer la vibration de la prononciation en leur traduction à partir du livre de la bouche. Ainsi, les vibrations sont essentiellement les lettres de la bouche, et accidentellement, les lettres dans le livre. Et jointes en lui (le livre) par la nécessité de lieux pour les différentes vibrations, car rien ne peut vibrer sans un lieu et un temps. Les éléments d’espace sont les dimensions, et les éléments du temps sont les cycles par lesquels on mesure ses divisions, comme l’année, les mois, les jours, etc. Et puisque les dimensions existent, une personne doit savoir comment doser la prononciation de chacune des lettres.

Et ceci est le secret de la prononciation lorsque vous désirez mentionner ce Nom Divin glorieux : Soyez juste et isolez-vous dans un lieu dédié, afin que personne n’entende votre voix excepté vous, ensuite purifiez votre coeur et votre âme de toutes pensées de ce monde. Ensuite, imaginez à ce moment que votre âme est séparée de votre corps, retirée de ce monde, et existant dans le Monde à Venir (Olam haBa), qui est la source de la vie qui existe qui est distribuée dans toutes les vies. Ceci est l’Intellect qui est la source de la sagesse, de la compréhension et de la connaissance du Suprême Roi des Rois, le Saint béni soit-Il, que tous révèrent avec grand respect – et ce respect de celui qui a atteint une telle élévation spirituelle est un double respect : le respect de l’amour et le respect de l’ascension. Lorsque votre esprit commence à s’ouvrir à l’esprit divin (da’at), celui-ci emplit votre esprit de connaissance (da’at). Votre esprit doit se détourner de lui-même de toutes connaissances externes, sauf de la connaissance de Dieu., qui vous unit vous et Dieu par la vertu du Nom de Dieu. Et par conséquent, vous devez savoir la forme de Sa prononciation, et voici sa configuration :

Il y a vingt-cinq permutations “en avant” et il y a vingt-cinq permutations en arrière qui sont :

De la même manière, permutez avec la lettre He et de la même manière avec Vav et encore avec le dernier Vav.

Voici la configuration : lorsque nous commençons à prononcer le Aleph, quelle que soit la configuration vous le prononcez, comme cela se réfère au secret de l’unité divine, vous devez pas la faire durer plus qu’une respiration. Et ne l’interrompez pas du tout de quelque manière que ce soit jusqu’à ce que vous ayez terminé sa prononciation. Dosez cette respiration selon votre capacité de respiration, c’est-à-dire aussi longtemps que vous êtes capable de la retenir. Et chantez le Aleph, ou toute autre lettre,sous la forme de point voyelle : ainsi, le cholem(avec le son “o”) est au-dessus de la lettre. Lorsque vous commencez à le prononcer, tournez votre face vers l’Est, en ne regardant ni en haut ni en bas, et soyez assis habillé d’une robe blanche propre et pure, ou avec votre tallit sur votre tête, en portant vos tefillim face à l’Est car c’est la direction par où la lumière pénètre dans le monde. Avec chacun des vingt-cinq paires de lettres, vous devez tourner votre tête correctement.

Dans le cas du Cholem, faisant face à l’Est, purifiez vos pensées et élevez votre tête petit à petit avec votre expiration, jusqu’à ce vous en ayez terminé, votre tête élevée. Après, restez prostré sur le sol. Ne faites aucune distinction entre le souffle de l’Aleph et celui de la lettre qui lui est attachée. Alternativement, entre chaque lettre du nom, que ce soit “en avant” ou “en arrière”, vous pouvez respirer deux fois sans prononcer aucune lettre, mais pas plus ; cependant, vous avez l’option de faire moins. Lorsque vous avez complété chaque ligne, vous avez l’option de respirer cinq fois seulement, pas plus ; mais vous pouvez faire moins. Si vous changez ou déviez de cet ordre pendant que vous prononcez la ligne, retournez au commencement de cette ligne jusqu’à ce que vous l’ayez correctement prononcée.

Par analogie avec la forme du cholemqui tire vers le haut, vous devez chanter le chirek (son “ee”) qui tire vers le bas. Ainsi vous pouvez tirer vers le bas la puissance supernelle qui est en vous. En le cas du shuruk (son “oo”), n’élevez ni n’abaissez votre tête, mais poussez-la vers l’avant. Dans le cas du tsere (son “ay”) poussez votre tête de gauche à droite et dans le cas d’un kamatz (son “ah”) de droite à gauche.

Dans tous les cas, si après terminé ceci, vous voyez une forme devant vous, prosternez-vous devant elle immédiatement. Et si vous entendez une voix, forte ou douce, et cherchez à comprendre ce qu’elle dit, répondez-lui immédiatement. Dites : « Parle mon Seigneur, Ton serviteur écoute » (Samuel I 3:9), ne dites plus rien, mais écoutez avec attention à ce qu’elle peut vous dire. Si vous expérimentez une grande terreur, que vous ne pouvez supporter, même au milieu d’une prononciation, abandonnez-la pour le reste de la semaine. Il est bon d’utiliser cette technique de prononciation une fois par semaine, sous la forme de “va-et-vient” (Ezéchiel 1:14), car au regard de cette matière une alliance a été faite.

Que puis-je ajouter afin de vous le faire comprendre ? Car, il est bien connu que si vous êtes sage, vous pouvez comprendre tout ceci à partir d’allusions. Si vous sentez que votre intellect est faible en sagesse, ou en connaissance de la Kabbale ou que votre pensée est fortement attachée à la vanité de ces temps, ne prononcez pas le nom, à moins de pécher encore plus.

Sachez qu’entre les colonnes du Yod et du He vous pouvez respirer vingt-cinq fois, mais pas plus, si vous ne faites aucune interruption entre eux, ni en parole ni en pensée. De la même manière, entre le He et le Vav et entre le Vav et le He. Cependant, vous pouvez faire moins.

Abraham Aboulafia, Or HaSeichel (La Lumière de l’Intellect), tel que trouvé dans le Pardès Rimonim de Moïse Cordovero, 21:1, et attribué par erreur à Joseph Gikatila (Sefer HaNikkud). Traduction française par Roch haEl, Toulouse, automne 2001e.v.

Les Points Voyelles