Les noms et les degrés de l’âme humaine sont trois : nephesh (« âme vitale »), roua’h (« esprit ») et neshama (« âme supérieure »). Toutes les trois sont comprises l’une dans l’autre, mais elles ont chacune une demeure propre.

Tandis que le corps se décompose dans la tombe et se réduit en poussière, nephesh reste avec lui et parcourt ce monde, allant de-ci, de-là parmi les vivants, s’enquérant de leurs peines et intercédant en leur faveur, s’il en est besoin.

Roua’h se retire dans le Jardin de l’Éden terrestre. Là, cet « esprit », désireux de jouir des plaisirs du Jardin merveilleux, se drape de ce que l’on pourrait appeler un vêtement, d’une semblance, une apparence du corps dans lequel il séjournait ici-bas. Les jours de sabbath, de néomie et de fête, il monte jusqu’à la sphère céleste et en savoure les délices, puis il revient au Jardin. C’est pourquoi il est écrit : « Et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné » (Ecclésiaste XII, 7), aux temps fixés, comme nous l’avons dit.

Mais, neshama monte aussitôt rejoindre sa place dans le domaine don’t elle a émané, et c’est par elle que la lumière s’allume pour briller en haut. Ensuite, jamais elle ne redescend sur terre. En neshama se réalise l’Un qui englobe tous les côtés, celui d’en haut et celui d’en bas. Et, tant que neshama n’est pas montée pour s’unir au Trône, roua’h ne peut être couronné dans le Jardin d’en bas, et nephesh ne peut trouver le repos ; mais lorsqu’elle monte, ils trouvent le repos.

Lorsque les enfants des hommes, dans la peine et la douleur, se rendent sur la tombe de ceux qui s’en sont allés, nephesh est réveillé et va faire lever roua’h qui, à son tour, réveille les patriarches, et ensuite neshama. Et le Saint, béni soit-Il, a pitié du monde.

Mais si neshama, pour quelque raison, n’a pu remonter à sa place, roua’h, parvenant à la porte du Jardin d’Eden la trouve fermée ; incapable d’entrer, il erre solitaire et abattu. Nephesh, pendant ce temps, court elle aussi à travers le monde, et, voyant le corps qu’elle habitait autrefois dévoré par les vers et soumis au jugement de la tombe, elle s’afflige sur lui, ainsi que le dit l’Écriture : « Mais sa chair se lamente sur lui et son âme est en deuil » (Job XIV, 22).

Tous connaissent donc la souffrance jusqu’au temps où Neshama est capable d’accéder à sa place d’en haut. Mais, alors, chacun des deux autres est uni à son juste lieu, car tous trois sont un, formant une unité, entrelacés par un lien mystique.