Par Spartakus FreeMann

Il m’est récemment arrivé de me demander de quel titre nous autres Kabbalistes pouvions nous réclamer ? Sommes-nous prêtres, nous qui étudions les voies de Dieu dans ses moindres secrets ? Mais beaucoup d’entre nous ne sont pas juifs ; nous ne suivons pas les rites de cette religion, et la synagogue ne voit que peu d’entre nous. Alors, sommes-nous des mages, nous qui savons utiliser la puissance des Mots et des Lettres ? Mais nos rituels ont des airs de prières, et leur but reste l’union avec Celui qui Est.

Dès lors, pouvons-nous réclamer un titre, si ce n’est celui de Kabbaliste ? Hélas, ce système, malgré toute la dévotion que nous y attachons et le temps que nous y consacrons, n’est-il pas seulement l’outil par lequel nous tentons de réaliser notre potentiel d’homme ? Sommes-nous donc des hommes, titre aussi simple qu’il est puissant, tant le potentiel qu’il renferme dépasse les limites de l’imagination ? Peut-être ne sommes-nous que des hérétiques, marchant sur le fil de l’épée flamboyante, pratiquant ce qui ne devrait être que l’apanage des Justes.

Une chose est sûre, nous sommes, tout comme Il Est. Nous suivons un chemin, peut-être celui qu’Il veut de nous, peut-être pas. Notre cœur nous guide, ou bien peut-être notre ego trompeur. Il n’y a pas de réponse à cette question. Nous sommes les perfectibles, réceptacles du feu éternel, et chaque pas que nous faisons nous rapproche un peu plus de l’apogée d’une Création. Que nous ayons « tort » ou « raison », que nous soyons prêtres ou mages, n’a que peu d’importance ; nous sommes parcelles divines en mouvement, atomes dynamiques dans une matière que nous refusons inerte. Et il suffit d’un seul d’entre nous pour changer la nature de l’ensemble.