Par Samy

Qui n’est pas curieux de la mort. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but. Est-ce la fin ou le début ? Tôt ou tard nous serons tous confrontés à cet aspect de la vie. La mort. Ce n’est peut-être pas banal, mais je ne résiste pas au plaisir de commencer par un de ces fabuleux poèmes de Victor Hugo qui nous dit :

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme,

Ouvre le firmament.

Et que ce qu’ici bas nous prenons pour le terme,

Est le commencement.

Multiples sont les aspects revêtus par la mort.

Les écritures de parler et de commenter les – 903 – variétés de mort, dont la plus terrible est nommée – Croup – Comparée à une épine dans une balle de laine rognée, qu’elle déchire quand on essaie de l’enlever. De même, le – Croup – déchire la membrane de la gorge. D’autres la comparent à de l’eau tourbillonnant à l’entrée d’un étroit défilé. La plus douce est Le baiser de la mort, assimilé à l’action d’enlever un cheveu au milieu du lait.

Mais pourquoi – 903 – variétés de mort ? Parce que – Issues – se traduit par – Thotséoth (Thav-Vav-Tsadi-Aleph-Vav-Thav) – dont la valeur numérique est 400+6+90+1+6+400 = 903 – À l’heure de la mort, l’esprit de l’homme augmente au point qu’il voit les choses, qu’il n’a jamais vues de sa vie. La sentence dit : tu augmentes leur esprit au moment ou défaillant, il retourne à la terre. Ainsi, l’homme ne peut voir les choses surnaturelles pendant sa vie, mais il les voit à l’heure de la mort.

Une tradition apprend qu’à l’heure de la mort, l’homme reçoit l’autorisation de voir ses parents et ses amis, morts. Ils lui apparaissent avec le même visage qu’ils avaient en ce bas monde, durant leur séjour. Avant de quitter le monde, l’homme voit la Chékinah. Et c’est l’ardent désir de s’approcher d’elle, qui détermine l’âme à s’envoler du corps, pour se précipiter dans ses bras. Si l’homme est digne, son âme s’unit à elle. Si non, la Chékinah s’en va, l’âme reste seule et se lamente d’avoir quitté le corps.

Il y a un proverbe qui dit : si le chat ne veut pas s’éloigner du feu, faites semblant de couper un morceau de viande et il accourra tout de suite. Ainsi, jamais l’âme ne consentirait à se séparer du corps, si la Chékinah n’apparaissait. Si l’homme est digne, tous ses parents et amis lui apparaissent pleins de joie et le saluent. Sinon, il ne reconnaît que les coupables qui expient en enfer. Tous ses amis coupables sont plongés dans la tristesse, ils commencent en entrant à pousser le cri de douleur – Aïe ! En sortant, ils crient encore – Aïe ! Le mourant lève alors les yeux et voyant ses amis aussi noirs qu’un tison éteint, pousse alors le cri de douleur – Aïe ! Une autre tradition nous apprend aussi qu’à l’heure de la mort, tous les parents et amis du mort accompagnent son âme dans l’autre monde, et lui montrent le lieu de ses délices ou de ses châtiments. Si l’homme est digne, l’âme reste au lieu de ses délices. Sinon, l’âme reste ici-bas, jusqu’à l’heure où le corps est enseveli sous la terre. Aussitôt le corps enterré, plusieurs chefs de la rigueur saisissent l’âme, et la transmettent à l’ange Douma qui la jette en enfer.

Dans le Zohar, Rabbi Yéhouda nous dit : « Pendant les sept premiers jours qui suivent la mort ; L’âme va et vient, entre la maison où habitait le corps et le tombeau. Car elle porte le deuil du corps ainsi qu’il est écrit – Job 14/22 « Mais c’est pour lui seul que sa chair souffre, c’est pour lui seul que son âme est en deuil » L’âme revient encore à la maison, et y voit tous ceux qui sont tristes et pleurent le mort ».

Une tradition raconte encore que pendant les sept jours qui suivent la mort, le corps reste ce qu’il était, alors que l’âme se promène. Tantôt elle va voir la place qui lui est réservée. Tantôt elle rentre dans la caverne double (celle où sont ensevelis les patriarches). Elle voit ce qui lui est donné de voir, et va partout où il lui est permis d’aller. Enfin, elle arrive à la porte du jardin d’Éden où elle rencontre les Chérubins, et où elle aperçoit l’épée étincelante. Si elle est digne, elle y entre.

Ailleurs, on raconte aussi que quatre anges supérieurs se présentent à l’âme tenant entre leurs mains, une enveloppe semblable à un corps, dont ils revêtent l’âme. L’âme garde cet habit durant son séjour dans le jardin d’Éden, et ce, jusqu’au jour où il est décidé de son sort. Ensuite, une voix retentit et une colonne de trois couleurs apparaît. Cette colonne est appelée Demeure de la montagne de Sion, comme l’indique la sentence d’Isaïe 4/5 : Alors, l’Éternel créera sur toute l’étendue de la montagne de Sion et de ses lieux d’assemblée, une nuée et une vapeur (brouillard) pendant le jour. Et l’éclat d’un feu flamboyant pendant la nuit. Oui ; tout endroit vénéré sera abrité par une colonne – C’est par cette colonne que l’on monte à la porte de la justice. Si l’âme est juste, elle s’élève et a le sort heureux de s’attacher au Roi lui-même. Sinon, il accomplit ce que dit Isaïe 4/3 : seront Saints, quiconque aura été sauvé dans Sion, et épargné dans Jérusalem. Et qui aura été marqué pour la vie à Jérusalem. Le Zohar raconte encore que l’on ne doit jamais exagérer les éloges de son prochain. Parce que l’exagération servira au contraire, à déconsidérer celui que l’on veut louer. C’est pour cette raison que dans une oraison funèbre, on doit proportionner les éloges du mort à ses mérites réels. Sans quoi loin de contribuer à son honneur, les éloges dénigreront le mort.

Et de continuer encore : L’homme dont l’âme est descendue pour la première fois sur la terre est beaucoup plus puissant que celui dont l’âme revient pour la deuxième ou troisième fois ici bas. Alors même que le second est un méchant, et que le premier est un juste. C’est pourquoi, il est conseillé à l’homme de ne jamais braver le méchant, de crainte que l’âme de celui-ci ne soit arrivée pour la première fois sur la terre. Et dans ce cas, c’est lui qui remporterait la victoire sur le juste, dont l’âme aura déjà été une fois sur terre.

Nous avons déjà vu cette sentence – comme l’amour est fort comme la mort – Cette sentence pourrait se dire : comme la force de l’homme au moment où l’esprit se sépare du corps, car au moment où l’homme est prêt à rendre son dernier soupir, chacun de ses membres reçoit un supplément de force considérable, parce que l’esprit prévoyant la dissolution prochaine court d’un membre à l’autre, tel un navire sans gouvernail.

De là, vient que l’homme n’a jamais autant de force, qu’au moment de rendre son dernier soupir. Au moment de la mort, l’exécuteur des hautes oeuvres célestes descend ici bas et se place au pied du moribond tenant une épée effilée à la main. L’homme lève les yeux et voit le feu de l’ange exécuteur se refléter sur les murs de sa chambre. Il voit aussi l’ange projetant des étincelles, car son habit est de feu. Il est seul à voir l’ange. Au bout de son épée sont suspendues trois gouttes. Dès que le moribond l’aperçoit, il est saisi d’un tremblement et le coeur, roi de tous les membres, commence à palpiter. L’esprit vital pénètre dans chacun des membres du corps, cherchant un refuge. Le moribond commence alors à crier et à gémir sur les actes indignes qu’il a commis. Mais ses gémissements demeurent sans effet, à moins qu’il n’ait fait pénitence avant de mourir. Saisi de crainte ; Le moribond désire se cacher, mais il ne peut pas. Voyant que toutes ses tentatives de fuite restent vaines ; le moribond ouvre les yeux, et il contemple tout ce qu’il se passe, les yeux écarquillés. Ensuite, il se rend corps et âme à l’ange exécuteur.

C’est à partir de ce moment que commence le grand jugement. À l’instant de la mort, L’esprit vital pénètre dans tous les membres et en prend congé. C’est ce qui fait trembler les membres et les fait transpirer. Quand l’esprit se retire du membre, celui-ci est déjà mort, et ainsi de suite, les membres meurent les uns après les autres. À l’instant où l’esprit doit quitter définitivement le corps ; ce jour-là est le jour du grand jugement. La Chékinah apparaît au moribond, elle est accompagnée de trois anges qui accueillent l’âme, et qui confessent le moribond de ses péchés. Après cette confession, L’âme qui était déjà séparée du corps, et n’était suspendue qu’au larynx pour pouvoir faire la confession quitte définitivement le monde.

L’homme subit plusieurs punitions en quittant ce monde :

La première à lieue au moment où l’âme quitte le monde.

La deuxième, quand ses oeuvres et ses paroles marchent devant le cadavre, et proclament sa conduite.

La troisième, quand le mort arrive au cimetière.

La quatrième, dans la tombe.

La cinquième, quand les vers rongent le cadavre.

La sixième, dans l’enfer.

La septième, quand l’esprit parcourt le monde sans trouver nulle part de repos, jusqu’à l’accomplissement de sa mission.

Je peux encore vous raconter cette michna du pirké Avoth, du Rabbi Eléazar Hakapar :

Ceux qui naissent vont vers la mort et ceux qui meurent seront ressuscités.

Et les vivants vont au jugement afin que l’on sache, que l’on fasse savoir, et que l’on fasse prendre conscience qu’il est Dieu. Qu’il est le formateur. Qu’il est le créateur. Qu’il est clairvoyant. Qu’il est juge. Qu’il est témoin et parti. Qu’il est appelé à rendre justice. Béni soit-il, car devant lui, nulle perversion, nul oubli, nul partialité et nulle corruption.

Et sache que tout compte. Et ne laisse pas ton penchant te faire croire que la tombe sera ton refuge. Car c’est malgré toi que tu as été fait. C’est malgré toi que tu es né. C’est malgré toi que tu vis. C’est malgré toi que tu meurs. Et c’est malgré toi que tu passeras en jugement, et que tu rendras des comptes devant le Roi des Rois, le Saint Béni Soit-il.

À l’heure du départ de l’homme, ce n’est ni l’or, ni l’argent, ni les biens matériels acquis sur cette terre, qui l’accompagnera. Seulement ses études et ses bonnes actions l’accompagneront. D’où le Proverbe 6/22 qui nous dit : qu’elle guide ta marche en ce monde. Qu’elle veille sur toi lorsque tu es couché dans ta tombe. Qu’elle parle avec toi à ton réveil, dans le monde à venir.

Il y a aussi le Talmud de Jérusalem, qui dans son traité Biccurim nous dit :

– La mort à 50 ans est celle du retranchement.

– À 52 ans, c’est celle du prophète Samuel.

— À 60 ans, Job 5/26 nous dit ; tu arriveras à la tombe en maturité – Maturité = VékhélaHh

(Veith-Khaph-Lamed-Hheith) soit : 2+20+30+8 = 60. C’est donc l’âge ordinaire pour la mort.

– À 70 ans, elle est affectueuse.

– À 80 ans, c’est celle de la vieillesse.

– Au delà, la vie n’est plus qu’un tourment.

L’explication des crieuses et de leurs pouvoirs :

Le pouvoir des cris est si grand, qu’il déchire les rigueurs décrétées contre l’homme. Rabbi Isaac nous dit : Le pouvoir des cris est si grand, qu’il triomphe de la rigueur céleste. Rabbi Yossé nous dit : les cris de l’homme exercent une grande influence, et dans ce monde et dans le monde futur. Ainsi qu’il est écrit « Au milieu de leur affliction, ils ont crié au Seigneur qui les a tirés de leur détresse ».

La Mort du fossoyeur, Carlos Schwabe Carlos Schwabe, 1895.