Par Spartakus FreeMann

« Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier » – Exode 20.8

ז

• Valeur : 7

• Valeur développée : 717

• AtBash : 119

Nous allons pénétrer à présent dans le monde de la lettre Zaïn, septième lettre de l’alephbeth. Nous l’étudions aujourd’hui, car c’est sans doute celle qui nous est la moins familière, et pourtant sa valeur est sans conteste comme nous le découvrirons dans les lignes qui suivent.

Avec le Zaïn, nous quittons les 6 jours de la Création active et entrons dans la plénitude du 7 du Shabbat qui en est l’achèvement. Shabbat de Dieu mais également Shabbat des hommes, « Dieu conduit Adam dans les ténèbres de ses différents champs de conscience afin qu’il se souvienne que, fait de chacun d’eux, il a désormais à les intégrer, les devenir » (A. de Souzenelle, La lettre, chemin de vie). Le jour de Shabbat, ce septième jour est le jour du souvenir de Dieu, l’homme se souvient dans le repos de son Élohim. Et le verbe hébreu du souvenir est « zeker », dont l’initiale est le Zaïn.

Par sa graphie, le Zaïn (ז) se rapproche du Vav (ו) ou du Noun final (ן). Habituellement on le lit comme formé à partir d’un Yod (י) horizontal et d’un Vav vertical (ו), ce qui porterait alors sa valeur numérique à 16, de réduction 7 ! La valeur 16 est celle du mot Hava (הוה) « désir », du verbe hébreu Hava qui signifie vivre, exister et cela se réfère parfaitement à la position du Yod qui « enfonce » le Vav, le lien, qui relie l’En haut et l’en bas. Cela nous enseigne que pour exister véritablement, il faut se relier au monde d’en haut et ne par rester dans la verticalité du serpent, mangeant la poussière chaque jour de son existence.

La valeur numérique de la lettre Zaïn est d’importance dans le milieu de la judaïté et de la Kabbale : les 7 branches du Chandelier, les 7 jours de la semaine, les 7 Palais Célestes du Zohar, les 7 couleurs du spectre de l’arc-en-ciel…

Le 7 selon le Sepher Yetsirah est l’emblème du centre conjoint des 6 directions de l’espace (4 points cardinaux, le zénith et le nadir). Cela nous indique que l’homme méditant sur le Zaïn doit comprendre sa place au sein de l’univers et des hommes, mais également sa propre place par rapport à lui-même. Au centre, il peut maîtriser et maintenir son identité véritable. « S’y placer et s’y maintenir nécessite le retrait des forces contraires. S’y placer et s’y maintenir nécessite le retrait en soi-même, mais de façon positive et active et non en une expression de rejet. C’est là encore une fonction de ce 7e jour, jour consacré » (Roland Bermann, Voie des Lettres, Voie de Sagesse, éditions Dervy).

La valeur pleine de Zaïn est de 67 qui est identique à la valeur de la Sephira Bina (בינה) qui représente le discernement. 67 est aussi la valeur de Zadon (זדון) qui signifie orgueil ce qui nous est une mise en garde pour l’homme qui se situe sur le sentier entre Tiphereth et Guebourah — 7e sentier — c’est-à-dire entre la Force et la Rigueur. L’homme ne doit pas vouloir avancer trop vite vers le discernement (Binah) ou la victoire (Netzach), mais il doit opérer auparavant une teshouvah et relier ce qui est en haut avec ce qui est en bas.

La graphie du Zaïn suggère également la forme d’une dague ou d’une épée et le nom même de la lettre signifie arme en général (« Le Zaïn signifie les armes de guerre : l’épée aiguisée et la lance de combat », Zohar I:3a). Cette guerre qu’introduit le Zaïn, nous aimons à l’interpréter comme la guerre que doit se livrer l’homme à lui-même afin de se dégager des pulsions illusoires de ce monde inférieur. Cette guerre intérieure ressemble au Grand Jihad de l’Islam, cette guerre sacrée que le croyant doit se livrer afin d’affiner son âme et son esprit. D’ailleurs, si nous regardons le Etz Haïm, l’Arbre de Vie, la septième Sephira est Netzach, dont les noms sont Victoire et Éternité ! Celui qui combat par le Zaïn son être intérieur et les pulsions animales obtiendra la victoire et donc la vie éternelle.

Le Zohar dans son prologue nous raconte la présentation des lettres devant le Saint béni soit-Il : « La lettre Zaïn se présenta et dit : qu’il Te plaise, ô Maître du monde, de créer le monde avec moi, car Tes enfants veillent au Shabbat grâce à moi : Souviens-toi (Zekor — זכר) du jour du Shabbat pour le sanctifier (Exode 20.8). Le Saint, béni soit-Il, répondit : Je ne créerai pas non plus le monde à partir de toi, car tu loges la guerre, le glaive aiguisé, la lance de combat. Tu ressembles au Noun (final) ».

La lettre suggère également la hampe d’un drapeau ou un sceptre, cela nous est dit dans « … car personne ne portait sa couronne sur lui » (Exode 33.4), dont la traduction araméenne pour « couronne » est « zineï » qui s’apparente au Zaïn. Cette possibilité d’interprétation nous est donnée par un texte de la Mishnah « Un bâton dont le sommet a été fait en clous… reçoit l’impureté… mais tous ceux qui ont été faits comme des ornements sont purs » (Kélim Mishna 2.14). Le bâton dont on nous parle ici peut être interprété comme étant la lettre Vav et la masse serait le Yod. L’ensemble formerait donc le Zaïn. Dans cette interprétation, nous entrons également dans le domaine de la teshouvah ou du retour vers Dieu.

Le mot « zaïn » (זין) signifie arme ou armure. Il évoque aussi l’idée d’ornement. Ce mot est contenu dans החינז qui signifie « l’abandon ». Il contient la racine נז qui signifie « espèce » et qui figure dans le mot « semence » (היזן).

Rapprocher la lettre Zaïn de l’attribut de Malkhut qui est le septième attribut, c’est comparer Zaïn à une couronne. Or Zaïn, comme sept autres lettres doit recevoir lorsqu’elle est écrite une couronne à son sommet. À noter que ces sept lettres sont toutes constituées à partir du Zaïn d’ailleurs. Le sens de ces couronnes placées au-dessus de ces lettres est de tempérer la rigueur particulière de ces 7 lettres.

La lettre zaïn est en étroite relation avec le mythe de Caïn.

Si l’on compare : ZAÏN זין – 7.10.50

et : CAÏN 100.10.50 – קין

La valeur numérique de Caïn et d’Abel est de 197 (קין – הבל). Or, il s’agit des lettres Zaïn (זין — 67) et Ayin (עין — 130) écrites en plénitude.

Par ces passages, nous voyons donc que la signification guerrière de la lettre Zaïn est bien éloignée de la simple et triste guerre que les hommes se livrent entre eux. Mais, le Zaïn est par sa valeur numérique et sa place dans l’alephbeth, le signal de la transformation, de la mort avant le passage vers l’infini du 8. Le 7 est mutation qui se réalise dans le 8.

« La lettre Zaïn désigne la Sephira Netzach, 7e de l’émanation. Le mot “Zain” vient de l’expression nun-iod-zaïn/iod-lamed-kaf arme qui permet de vaincre à la guerre. Cette lettre désigne le bâton divin que Moise tenait dans ses mains et avec lequel il a opéré les miracles et les prodiges qui ont changé les lois naturelles. La forme du zaïn ressemble à celle d’un bâton.

Bina est également appelée la Grande Sephira Netzach, car Zaïn, qui désigne principalement la Sephira Netzach, la septième, désigne aussi la Sephira Bina, parce que le Zaïn a la valeur numérique 7, et la Sephira Bina comprend dans son sein les sept Sephiroth inférieures qu’elle enfante.

Le Zaïn désigne donc encore la Sephira Bina d’où viennent les sept jours de la création, le monde de la construction (binyane) qui tient sur sept colonnes.

Ce qui est 7 est 1, car le Zaïn a la valeur numérique de 7 et la guématrie du mot Zaïn selon le mispar katan est de 7 + 1 + 5 = 13, valeur numérique du mot Un (אחד — e’had = 1 + 8 + 4 = 13).

Le Zaïn désigne également la Sephira Bina :

1°/ parce que le zaïn est une arme de guerre et la victoire (Netzach) ne se remporte que par la force de Bina grâce à laquelle les Hébreux sont sortis d’Égypte pour la liberté.

2°/ parce que la guématrie du mot Zaïn = 7 + 1(0) + 5(0) = 13 est celle du mot Bina = 2 + 1(0) + 5(0) + 5 = 13.

Le zaïn, selon le calcul antique a la valeur numérique du mot koa’h (חך) “force”, soit 28, car elle est la force et la puissance qui permettent de triompher des princes des nations en bas et en haut de détruire leurs organisations.

Le mot zain signifie également ornement, parure, et c’est l’ornement que les Hébreux avaient reçu au Sinaï quand ils ont dit : « Nous ferons et nous écouterons ». Et c’est par la force de cette lettre qu’ils vainquaient tous les peuples et aucune créature ne pouvait tenir devant eux et les regarder. Mais lorsqu’ils firent le veau d’or, cette parure leur a été reprise ainsi qu’il est écrit : « et maintenant ôte ton ornement et je sais ce que je te ferai ».

Si l’on peut dire, tout le temps qu’ils portaient sur eux cette parure, ils ne pouvaient pas être jugés et ils étaient protégés de la Rigueur, car le zaïn désigne la Sephira Netzach qui est du côté droit et qui est appelée ’hesed katane, la petite grâce. Mais à l’avenir le Saint, béni soit-Il, rendra cette parure aux israélites et alors toutes les nations de la terre les craindront. Et on nous a donné quelque chose de semblable à cet ornement, ce sont les tephiline.

Le zaïn désigne le bâton d’Élohim, c’était la main même de Moïse. Tous les membres du corps de Moise servaient de support aux attributs divins.

Zain = 7 + 1(0) + 5(0) = 13 + 1 (le mot) = 14 = 10 = 4 = Yad, “main”. Le zaïn désigne la Sephira Netsa’h, le bâton et la main de Moise, qui sont une seule et même chose.

Dans le Livre des Lettres de Rabbi Akiba, il est écrit que le zaïn est le nom du Saint, béni soit-Il, car dans ce terme il y a la racine zan, qui signifie nourrir. Dieu nourrit toutes les créatures.

La lettre zain a été donnée en cadeau à Moise, ainsi qu’il est écrit : Vézé lekha haoth. “Voici pour toi la lettre”. Le mot traduit par “voici”, vézé, peut aussi se lire vehazaine, “la lettre zain pour toi”.

C’était le bâton miraculeux sur lequel était gravé le nom de l’Éternel.

La Torah a été donnée par 7 voix, qui correspondent à la valeur de la lettre Zaïn.

Le Zaïn désigne Netzach d’en haut (Bina) et Netzach d’en bas. Additionnons les deux zaïn et nous obtenons la valeur numérique du mot “main”. Le Yod et le Daleth du mot “main” (Yad) dessinent la lettre Hé ». (Rabbi David Zimra, extraits du Maguen David).

Enfin, soulignons la présence de la lettre Zaïn dans le mot hébreu « Zé » (celui-ci) et le mot « Zoth » (celle-ci) : « Ceci (Zé) est mon Nom » (Exode 3.15) que le Zohar lit « Zé mon Dieu », le Zé devient alors un nom de Dieu dans le présent. « Zé et Zoth désignent de façon exclusive les sphères (Sephiroth) directement situées sur l’axe médian. En lui se joue, à travers différents harmoniques, la problématique fondamentale de l’unité » (Betty Rojtman, « Feu noir sur feu blanc »). Dans le Cantique des cantiques, nous lisons « Qui (mi — מי) est celle (zoth – זאת) qui monte du désert… », que le Zohar explique : « Les mots Mi et Zoth constituent la somme de deux saintetés, de deux mondes en contact permanent et liés ensemble » (Zohar I 10a).

Enfin, Zaïn par « Zoth » est le chemin de la bénédiction comme il est dit : « Comment savons-nous que Zoth représente une bénédiction ? Nous l’apprenons du verset : Ceci (Zoth) nous est venu de Dieu » (Nahmanide cité dans Voie des Lettres…).

Le Zaïn et le Bahir :

53 : « Et pourquoi s’appelle-t-il de son nom or (Zahav) ? Parce qu’en lui sont englobés trois principes : Mâle, zakhar, et c’est le Zaïn. Première lettre du mot Zahav. Le second est le principe de l’Ame et c’est le Hé, et cinq noms sont à l’Ame : le souffle, l’âme vivante, l’âme une, l’âme végétative, l’âme supérieure. Quelle est sa fonction dans Hé ? Et elle est un trône pour Zaïn, ainsi qu’il est dit : « Car un supérieur veille au-dessus d’un supérieur » (Ecclésiaste 5, 7). Et le Beth, lui, assure leur permanence, ainsi qu’il est dit : « Au commencement créa » (Genèse 1, 1) ».

79 : « Une autre explication : « J’ai entendu ce que Tu as donné à entendre et j’ai été pris de crainte » (Habacuq 3, 2) : J’ai compris ce que Tu as donné à entendre et j’ai été pris de crainte. Qu’a-t-il compris pour qu’il soit pris de crainte ? Il a compris la Pensée, du Saint, béni soit-Il. De même que la pensée n’a point de limite, puisque l’homme médite et descend jusqu’à l’extrémité du monde, de même l’oreille n’a pas de limite et ne se rassasie pas, ainsi qu’il est écrit : « Et l’oreille ne se rassasie pas d’entendre » (Ecclésiaste 1, 8). Et que signifie le Zaïn dans l’oreille (ozen) ? Pour quelle raison ? Parce que l’oreille ressemble à la lettre Aleph et parce que Aleph enferme les essences des dix Commandements. C’est pour cela que « l’oreille ne se rassasie pas d’entendre ».

80 : « Et que signifie le Zaïn qui est écrit dans « oreille » (ozen) ? Nous disons ceci : Tout ce qu’a mis le Saint, béni soit-Il, dans son monde a un nom qui vient de ses travaux, ainsi qu’il est écrit : « Et telle toute âme vivante serait nommée par Adam, tel serait son nom » (Genèse 2, 19). C’est-à-dire : c’est son corps qui était ainsi. Et d’où savons-nous que le nom, c’est son corps ? De ce qu’il est écrit : « La mémoire du juste est destinée à la bénédiction, et le nom des méchants tombera en pourriture » (Proverbes 10, 7). Est-ce son nom qui tombe en pourriture ? En fait, n’est-ce pas son corps ? En l’occurrence, son corps également ».

81 : « Zaïn, quel est le sens de sa fonction dans ozen ? Il représente autant que de jours de la semaine pour t’enseigner que chaque Jour a sa force propre. Mais quel est le sens de sa fonction ici ? Il est destiné à t’enseigner les racines. De même qu’il y a une grande Sagesse dans l’oreille et qui va au Sans Limite, de même il y a une force dans tous les membres ».

Le Zaïn et le Zohar :

Vol 22. IV 19. « Si les deux faux témoins, Samaël et le Serpent, viennent rendre un faux témoignage contre Israël alors ils confondent le Vav et le Zaïn, et donc le ZEIR ANPIN qui est Hessed, Gebourah, Tifereth, Netzach, Hod, Yessod et Malkhut, qui est Zaïn, c’est-à-dire, qu’ils ont péché et éloigné le Vav, qui est le ZEIR ANPIN, du Zaïn qui est Malkhut, qui sont les lettres de « וז ». Ceci est la signification de « Ce peuple que (וז) j’ai formé pour Moi-même » (Isaïe 43.21), cela se réfère au peuple qui unit le Zaïn et le Vav ».

Vol 10 VI 77. « Le secret du front. Celui-ci est sous la lettre Noun, qui est Gebourah, qui est la perfection de la lettre Zaïn – qui est Malkhut, puisque Malkhut fut construite à partir de la Colonne gauche qui est Gebourah. Parfois le Noun est inclus dans la lettre Zaïn et parfois elle se tient seule ».

Vol 14. I 22. « À l’intérieur d’eux, c’est-à-dire au sein de l’aspect de Malkhut, qui signifie l’aspect de Tifereth, se tient le ministre Rahatiel, supérieur du camp qui est sous la domination de Gabriel… Une lettre brille au-dessus de tous les camps c’est la lettre Zaïn, qui est le côté de Tifereth en Gabriel… Le Zaïn est échangé dans les lettres gravées et est appelé le substitut de Lamed. Quand cette lettre brille sur la tête de tous ces camps, ils voyagent vers cette brillance ».

Spartakus FreeMann, Zénith de Libertalia, 10 Tishri 5765