La Lettre Thet et le Serpent par Na’hash

À Shin, ce Frère ennemi, INLE, l’Autre Serpent, Nos Têtes, réunies sur le Caducée, reposent sur ’Hesed et Geburah…

Thet forme le mot THYT : Thet Yod Tav, le Serpent de valeur 419.

Idéogramme très ancien qui désigne un Serpent qui se mord la queue ou encore, un bouclier.

« La neuvième lettre de l’alephbeth, en même temps qu’elle exprime la perfection de la Création, la réintégration quasi totale des énergies au divin, symbolise aussi la protection – nouvelle barrière – devant le divin. » A. de Souzenelle

« Que le bouclier soit confondu avec le serpent est là le profond mystère du serpent… Cet animal symbolise la montée de l’énergie. Il rampe d’abord, puis est appelé à se redresser (avec la croix rédemptrice) et à monter le long de la colonne vertébrale, pour arriver à la tête où ayant achevé son cycle, le langage symbolique dit du serpent qu’il se mord la queue.»

La Lettre Thet et le Serpent
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Moise et le serpent d’airain, Sébastien Bourdon, 1653.

Ici, nous rejoignons le symbole de la Kundalini. Telle une ligne à haute tension, la Kundalini canalise l’énergie provenant de l’union de deux principes conjoints : Shiva, le principe masculin et Shakti, le principe féminin. La Kundalini est souvent représentée sous la forme d’une serpente lovée au bas de la colonne vertébrale, elle se déroule à l’intérieur du corps. L’élévation de la Kundalini permet d’atteindre à la Conscience Supérieure et donc à un état de plus grande perfection.

Si donc, le Thet est le symbole d’une perfection atteinte, il introduit aussi inexorablement la nécessité d’une destruction pour atteindre à une plus grande perfection encore.

Le dessin du serpent dont la tête rejoint la queue n’est donc jamais fermé, car, si la perfection absolue était atteinte, ce serait aussi la mort absolue. Car, la perfection absolue n’est qu’en dieu.

De par sa place dans l’alephbeth cette lettre rappelle la ’Ho’khmah, l’intelligence conceptuelle et contemplative. ’Ho’khmah est la neuvième Sephira à partir de Malkuth (la terre) et à partir de Kether c’est Yesod (la lune). Et c’est en Yesod que se condensent toutes les valeurs des autres Sephiroth avant de descendre vers Malkuth.

Cette lettre symbolise la Bonté – car elle est l’initiale de TOV – et aussi la pauvreté. Ce double caractère se retrouve dans les mots TOUME’AH, impureté, et de TAHARAH, pureté.

« Yesod est la contrepartie spirituelle de Malkuth, tout comme la Lune est la contrepartie spirituelle de la Terre… L’influence du cycle de la lune sur la terre et ses habitants ayant déjà été maintes fois prouvées, il est inutile de s’étendre plus sur la relation qu’il existe entre les deux planètes.

En observant la Lune, il est aisé de se rendre compte qu’elle n’émet pas de lumière propre. Comme tout le monde le sait, elle reflète l’éclat du Soleil (Tiphereth placée juste au-dessus de Yesod dans le schéma classique de l’Arbre) durant les heures sombres de la nuit. Le Serpent pourrait donc être une réflexion du Messie [d’ailleurs, la valeur de Messie et de Na’ash est de 358, identité jusqu’en la réalité arithmétique]. Celui-ci brille en plein jour, mais c’est par l’intermédiaire de Yesod / du Serpent qu’il brille dans l’obscurité. » Krysaeus

Selon la Genèse III, 15 : « Une inimitié je placerai entre toi et Isha, dit Dieu au serpent, entre ta semence et sa semence. Celle-ci te blessera en tant que toi-tête, et toi tu blesseras Isha en tant que elle-talon ». Nous devrions comprendre ceci comme une malédiction lancée par Dieu sur le Serpent à cause de son intervention dans le plan divin concernant la soumission de l’homme au sein du jardin de l’Eden. Mais regardons l’image donnée par Isha et le Serpent : la femme le blesse à la tête, ailleurs dans la Bible il est écrit qu’elle l’écrasera, tandis que le Serpent lui mordra les pieds. La tête du serpent est aux pieds tandis que les pieds d’Isha sont sur la tête du serpent. Belle représentation du symbole de l’Ouroboros, ce Serpent qui se mord la queue ou parfois représenté sous la forme de deux serpents se mordant mutuellement la queue. Nous voulons voir ici le lien qui unit la femme au serpent dans le cycle cosmique de vie-mort. Mais nous retrouvons aussi le symbole de la lettre Thet, ce serpent se mordant la queue, et qui symbolise donc les énergies accomplies. Sa valeur est 9, symbole de perfection et préside comme nous l’avons vu au mot Tov, bon. L’union de la femme et du serpent serait donc un signe du bon et de la perfection. Mais nous retrouvons aussi une loi universelle de l’incarnation qui est d’épouser la terre pour être épousé au ciel…

Le serpent serait un ange jaloux de l’amour de Dieu pour l’Homme. Si nous acceptons le postulat que les anges ne peuvent être doué du libre arbitre, nous ne pouvons que nous interroger sur l’acte « libre » de cet ange. Selon un certain courant occulte, le serpent serait non un ange rebelle, car la rébellion signifierait aussi possession du libre-arbitre, mais un agent de Dieu dont la mission aurait été de libérer l’Homme, de lui montrer le chemin sur l’Arbre de la Vie. Le Serpent connu Eve, selon cette source cette connaissance fut sexuelle, et il lui posa la question de savoir où était l’interdit de manger des fruits de l’Arbre : « vraiment, est-ce qu’Élohim t’a dit de ne pas manger de tout arbre du jardin ? »… Le questionnement introduit la réflexion qui fait naître un monde de possibles. De cette union de la femme et du serpent, qui devrait selon le principe d’omniscience de Dieu être connue de Dieu et donc stoppé, il s’en suit une prise de conscience de la femme qui décide d’initier son époux. Le résultat du passage de l’interdit et de la prise de liberté de l’Homme a pour conséquence la Mort. Mais cette mort est également le début du cycle de transformation de l’humanité-enfant au sein du Paradis vers l’Humanité-adulte, réalisée par elle-même. Ainsi, la pseudo-chute d’Adam du fait d’Eve participe à un plan connu et prévisible de transmutation de la Création, de l’Homme et de Dieu lui-même. Cette transmutation qui aurait été impossible sous tutelle et sans liberté. La mort ainsi acquise par la transgression devient un élément de la mise en marche du cycle cosmique vie-mort et donc de la possibilité de changement. Le serpent Na’hash devient également pourvoyeur de la vie lorsqu’il est sous sa forme de Na’hash Ne’hosheth, ou serpent d’airain qui, dressé au sommet d’un bâton, guérit et donne la vie. Na’hash, Nun ’Heth Shin, est accomplit avec l’adjonction de la lettre Tav dans le mot Ne’hosheth, Airain. Sous cette forme, le Serpent est identifié au Messie sur la croix « pour que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle ». Ainsi, encore l’on signifie qu’en la mort apparente, au travers du cycle, la vie est donnée. Et Thet se lit alors comme le Bouclier, Thet, qui protège le Yod menant à la fin, la contraction signifiée par le Tav. Ici, nous arrivons à la symbolique du Tsimtsoum, que nous ne développerons pas dans le cadre de cet article, mais qui y prend toute sa valeur. Le Thet est ainsi le cycle par lequel l’Homme achèvera son évolution. Nous arrivons ainsi à l’essence du Serpent qui est double, féminin et masculin, terre et eau, lune et soleil, vie et mort, bien et mal… Sauf que ces contradictions apparentes se voient sublimées en Yesod… Tout en Un.

La Lame XIII du Tarot de Crowley représente la Mort : « L’Univers est Changement ; tout Changement est l’effet d’un Acte d’Amour ; tout acte d’Amour contient de la Joie Pure. Meurs chaque jour. La Mort est le sommet d’une courbe du Serpent « Vie » ; regarde tous les opposés comme compléments nécessaires et réjouis-t’en. » Cette Lame symbolise la transformation, le changement, le développement volontaire ou involontaire de conditions existantes. Sur cette lame, apparaît le Serpent accompagné du poisson et du scorpion ainsi que de l’aigle. L’Aigle étant dans cette optique le Gardien de la Porte des Dieux…

Quant au fruit, il nous est décrit comme « bon à manger, désirable pour les yeux et réconfortant pour réussir » (Gen, III, 6). Ainsi, il rappelle : 1- que l’Homme est appelé à jouir de la Connaissance 2- que l’Homme est appelé à acquérir la Connaissance 3- qu’il est appelé à la toute-puissance sur la Création que lui confère la Connaissance. Mais jouir de la Connaissance n’est pas avoir la Connaissance, et avoir la Connaissance ce n’est être Connaissant. Le véritable travail pour l’Homme commence donc avec le serpent qui offre la jouissance de la Connaissance à Eve. Ainsi, l’Homme doit passer d’un état passif, jouir de la Connaissance à un état actif, Connaître en passant par la prise de possession de la Connaissance.

Nous retrouvons ici aussi cette poussée vers le changement, dur labeur qui exige de se changer soi-même. Le but serait d’atteindre à la divinité de l’Homme, qui ayant cueilli les fruits de l’Arbre de la Connaissance doit en transmuter la substance afin de s’en approprier les principes avant que d’accéder à l’Immortalité que conférera l’état de Connaissant.

Et voici ce que nous dit un ancien texte :

« Apprend à manger à l’arbre de la Science et savoure le fruit de l’Arbre de Vie. Cherche les dieux en toi-même et si tu les reconnais et découvres le lieu de leur demeure, tu as gravi la marche supérieure de l’échelle des douze degrés.

Ainsi sera éveillé l’amour « divin » qui ne demeure pas dans les hallucinations de l’homme mais dans son « coeur » ; et cet amour divin donne naissance à la force libératrice qui nous permettra la contemplation de la lumière éternelle et qui détruira toutes les erreurs. »

Pour conclure sur le Serpent, il est, en l’homme, « le plus sage des hayyat hassadeh (vivants des champs). Ainsi, le serpent est la plus sage barrière du champ de conscience de l’homme, car, dans la profondeur, le serpent se fait aussi barrière divine car son nom, Na’hash est construit autour de la lettre ’Heth, barrière [’Heth est aussi la huitième lettre de l’alephbeth, et ce 8 couché représente le Grand Serpent Originel, l’Ouroboros, ou couché, le caducée d’Hermès, symbole de son rôle de messager divin !]. Le Serpent dans cette question posée qui débute l’Oeuvre, devient aussi celui qui ne permet à l’Homme de continuer son chemin vers la perfection que s’il est capable de partir à l’assaut d’Issah, et de réaliser ici-bas les Épousailles futures Célestielles. Na’hash est donc aussi le gardien de la toute-puissance qui devra être alors livrée à l’Homme. Na’hash, Nun ’Heth Shin, est celui qui « conduit (Nun ’Heth He) au Shin » qui l’oblige à conquérir son noyau. Sous le nom de Satan, Shin Thet Nun, le serpent symbolise, par le Thet qui remplace le Yod du Shin, la dernière barrière pour vérifier l’Homme avant sa reconquête du Yod, de valeur numérique 10, où le 1 symbolise l’Homme et le 0 la Femme. La reconquête du Yod est donc la Hiérogamie divine.

Il y a aussi identité numérique, 358 [qui est une suite de Fibonacci et donc nous donne le Nombre d’Or, Clé Universelle du beau et du bon, Tov], et donc principielle entre Na’hash et Masiah (Messie), Mem Shin Yod ’Heth. Le Serpent conduit au Shin, comme nous venons de le voir ; il constitue aussi une barrière, ’Heth, et travaille avec Yod He Vau He sur l’homme qui se fait poisson, Nun. Lorsqu’il est redressé, le serpent devient « aigle », neser Nun Shin Resh, gardien de la dernière porte, lumière, ner Nun Resh, du Shin. Avec l’aigle, nous dépassons toutes les contradictions apparentes du monde, nous sommes au-dessus de toute dualité qui se caractérise dans les luttes des frères ennemis. Ces frères – frère en hébreu se dit ’ah, Aleph ’Heth – ennemis ne sont autres que l’Homme et Dieu, le Serpent et Dieu, l’Homme et l’Homme. Et la dualité dépassée nous revenons à l’Unité, echad, Aleph ’Heth Daleth, lorsque le frère, ’ah, aura passé la porte, Daleth ».

Il n’y a d’autre dieu que l’homme. Dieu est homme et l’homme est dieu.

La Lettre Thet et le Serpent par Na’hash, Janvier 2003 e.v.