Le serpent d’airain

Par Spartakus FreeMann

Nombres XXI 6-9 : « Alors l’Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants ; ils mordirent le peuple et il mourut beaucoup de gens d’Israël.

L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu et le regarda, conservera la vie.

Moïse fit un serpent d’airain et la plaça sur une perche ».

Comme les mots hébreux pour serpent et airain sont les même lorsque l’on enlève les points massorétiques (N H Sh), certains y ont vu une interprétation que ces serpents étaient les Séraphins dont Isaïe a dit qu’ils avaient 6 ailes.

« Avec la tête d’un faucon [le serpent] est de nature divine et un symbole du Soleil. C’est pourquoi une secte gnostique [les ophites] l’a choisi comme leur divinité tutélaire et c’est pourquoi le serpent d’airain fut élevé par Moïse dans le désert afin que les Israélites le regardent et vivent » (Pike, M&D, p. 278, « Lecture du 18ème degré »).

On peut rapprocher la nature des Séraphins, qui se tiennent le plus près de Dieu, de na’hash seraph, na’hash ne’hoshet, serpent brûlant. SARAPH, Shin Resh Phe, est la racine du verbe brûler. Le séraphin reçoit le feu divin et le transmet aux hiérarchies angéliques inférieures qui elles-mêmes le distribuent à l’Homme. Seuls les serpents pervertis apportent la mort, tandis que le serpent d’airain apporte la Vie éternelle, posé comme il l’est sur le bâton, tel le Christ sur la croix. Ceci est renforcé par le fait que l’airain est une transmutation du bois (selon Isaïe 60, 17) et qu’ainsi le Christ identifie-t-il le bois de la croix et lui-même au na’hash ne’hoshet pour que « tout homme qui croit en Lui ait la vie éternelle… »

Tout comme le Serpent est lié à la Connaissance, à la sagesse et à la magie, le cuivre ou l’airain est-il connecté depuis des temps immémoriaux par toutes les écoles mystiques à la planète Vénus qui contrôle et dirige le manas humain supérieur – le manas étant tout autant le sauveur que le tentateur de l’humanité, car c’est en l’esprit qu’ils naissent. Avec Vénus, nous revenons aux rituels naasènes de la hiérogamie sacrée de l’homme et de la femme. Il est d’ailleurs intéressant de noter ici que les rituels naasènes actuels se déroulent toujours avec la présence d’objets sacrés en airain marquant par là l’attachement de leur courant à la Femme symbolisée par Vénus, Déesse de l’Amour.

Pour finir, nous retrouvons encore le symbole du Serpent d’Airain dans la Franc-Maçonnerie au sein des Degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté. En effet, le 25ème degré est celui dit du « Chevalier du Serpent d’Airain ». Ce degré est dit avoir pour origine un Ordre hospitalier fondé lors des Croisades par un certain John Raph . Or, voici le mot de passe du grade est INRI et mot du grade est IOHAN RAPH . Or, Raph en hébreu signifie soigner, guérir et le référant au serpent d’airain est alors ici très clair. Avec IOHAN nous touchons aux mythes et symboles Johannites. Lors des cérémonies de ce grade, l’effigie du Serpent crucifié sur le Tau est placée à l’Est du Temple. Pour finir, notons que le bijou du grade est un Tau surmonté par un cercle – la Croix Ansée – sur lequel un serpent est accroché. Sur la croix elle-même sont gravés les mots KhaLaTI (Il a souffert), et sur la partie supérieure de la croix, le mot NeKhuShTaN (Serpent d’Airain).

Moïse et le serpent d’airain, Missel à l’usage de l’abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens, 13e – 15e s.

Extrait du site Enluminures.

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