Par Spartakus FreeMann

Note : le lecteur doit bien comprendre que les talismans ici reproduits sont tous faux : soit il manque des lettres, soit les lettres ne sont pas correctement calligraphiées. Nous essayons ici de donner un avertissement à ceux qui tenteraient de suivre les indications d’ouvrages modernes, ou moins modernes, quant à la manière de fabriquer des talismans.

Le Talisman de Salomon.

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La Clavicule Générale de Salomon

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Piobb : « Cette figure porte le nom de clavicule générale de Salomon parce qu’elle indique d’une manière générale le rite et le rituel qui se pratiquent dans ce qu’on appelle en langage initiatique le Temple de Salomon. Celui-ci ne correspond que de loin au temple de Jérusalem; néanmoins, il est établi sur les mêmes principes et conformément à ce qu’il en est dit au Livre des Rois.

En ce sens, les indications de la clavicule sont kabbalistiques puisque la Kabbale est susceptible d’en fournir le procédé explicatif ».

Selon nous, cette figure est surtout censée ne rien apporter du tout. La plupart des phrases situées à l’intérieur du talisman sont incomplètes ou fausses. À gauche, ce qui devrait se lire “שלמה” contient un Mem qui se lit Pé “פ”. A droite, ce qui devrait se lire “חשמל” devient “שלמה” Salomon mais cette fois-ci avec un Mem final. Ces deux termes perdent donc toute signification, sans doute suite à de mauvaises copies d’originaux peu clairs… Dans la croix au centre se trouvent inscrits les noms des 10 Sephiroth (hormis Malkuth), tous mal calligraphiés. Le cercle extérieur, quant à lui, est correct (sauf le Guimel) puisqu’il s’agit en fait des 22 lettres de l’alphabet hébreu écrites dans l’ordre.

Ararita

Dans le Troisième Livre d’Agrippa, on trouve le talisman ou pantacle suivant :

Il est composé par un mot de Pouvoir souvent utilisé qui est celui d’ARARITA אראריתא que l’on trouve plus particulièrement dans le Rituel de l’Hexagramme, que l’on vibre aux quatre angles lors du traçage des hexagrammes que l’on associe aux forces des sept planètes. ARARITA est également un Notariqon de 7 lettres de la phrase « Achad raysheethoh ; achad resh yechidatoth temourathoh achod », אהר ראש אהרזתז ראש ייהורו תמורהזואהר, (« Un est son commencement ; une est son individualité ; sa permutation est une »). Le mot achad (אחד) signifie « un » ; Raysheet (ראשׁית) signifie « commencement », rosh (רשׁ) signifie « tête » ou « début » ; yeshidah (יחידה) fait référence à l’âme humaine supérieure qui est associée à Kether ; temourah (תמורה) signifie « permutation ».

Dans la tradition de la Magick de Théléma, ARARITA est une formule liée au macrocosme, puissante dans certaines Opérations de la Magick de la Lumière Intime ou intérieure (Voir à ce sujet le « Liber 813 »).

Notons enfin que ARARITA (אראריתא) a pour valeur numérique 813 qui est identique à la numération de Genèse I:3 : « Vayomer Elohim Yehi Aur, Vihi Aur » (“Et Dieu dit que la lumière soit et la lumière fut”).

Talisman incorrect issu du Formulaire de Piobb :

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Clef Kabbalistique

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Dans la reproduction ci-contre, l’on devrait lire dans le carré intérieur :

– le Tétragramme יהוה.

– Adonaï אדני.

– ייאו.

– Ehyeh אהיה.

Dans le cercle extérieur, il devrait se trouver la formule du Shema Israël :

יהוה אלהינו יהוה אחד.

Or, ce que nous avons ici ne signifie rien. La reproduction d’Agrippa donnée à la page précédente est, quant à elle, correcte. Ceci peut nous donner l’indication d’une forme de perversion des talismans originaux au cours du temps. Ou, il faut le craindre, une forme de dégénérescence voulue ou non. Le lecteur qui voudrait analyser d’autres incohérences dans le système talismanique de la cabale magique peut se reporter à l’ouvrage de Virya : Vie Mystique et Kabbale Pratique, éditions G. Lahy, 1995.

Le Talisman de la Lune.

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Selon Piobb : « La figure ci-dessus représente une clavicule d’une forme particulière — en général même insolite. Elle a un caractère éminemment ésotérique qui est révélé par le nombre des lettres inscrites près du tracé médian et comprises dans les six cases latérales autant que de part et d’autre du cintre supérieur qui termine le tracé médian.

Ces lettres, dans les trois cases de droite, sont au nombre de 9 et, dans les trois cases de gauche, au nombre de 13. Elles indiquent déjà un emploi spécial et convenablement réparti des 22 principes de l’alphabet hébraïque.

Mais dans la partie supérieure à droite se trouvent 3 autres lettres ; et dans la même partie à gauche on en compte 4 : ceci porte à 29 le nombre de lettres à considérer. Or en ajoutant les quatre lettres très importantes de la partie centrale, le nombre total des lettres est de 33. Il s’agit donc d’un nombre symbolique à considérer.

De plus, la partie centrale par son dessin évoque, à s’y méprendre, le plan, relevé par Viollet-le-Duc, de la salle située derrière la chapelle de l’Ordre du Temple à Paris; alors que les cases sont constituées par les projections de trois colonnes couchées, rappelant nécessairement le rôle du ternaire dans le nombre symbolique 33.

Cette clavicule a toujours été considérée en Angleterre comme étant de Salomon, c’est-à-dire se référant au temple dit initiatiquement de Salomon; elle est conservée au British Muséum parmi des documents déclarés rabbiniques par le catalogue. Elle a été publiée dans un ouvrage anonyme intitulé The Key of Salomon. »

Ce talisman est en fait celui de la Lune. L’erreur principale provient du centre où il est écrit Yod, He Dalet, He יהדה. Ce qui ne veut rien dire, puisque l’original porte, comme il se doit le Tétragramme divin יהוה. Celui qui a recopié ce talisman ne connaissait sans doute pas l’hébreu pour confondre ainsi un Vav et un Dalet. Au pire d’ailleurs, ce mot pourrait se lire Yod, Heth, Dalet, Heth, ce qui ne signifie absolument rien non plus. Presque tous les autres noms ou mots écrits en hébreu sont tout aussi incorrects. Piobb, dans son explication du talisman, tente, dans la voie hermétique qui est la sienne, de relier ce kaméa (talisman) à la Tradition, voire aux Templiers. Toutefois, malgré son savoir hermétique, Piobb semble tout ignorer de la puissance intime des lettres hébraïques, qui mal calligraphiées, sont « mortes » ou agissent en contre sens de ce qui est désiré.