Par Moïse Cordovéro

Cet extrait du Pardes Rimonim se penche sur la question de la méditation des Sephiroth, souvent décriée comme divisant l’Unité de Dieu. L’auteur expose donc une méthode qui associe le Tétragramme et les couleurs aux sephiroth.

Gabri-el

« Nous devons à présent expliquer comment méditer sur les sephiroth, car il y a beaucoup de confusion dans ce domaine.

Du verset « car quel est le grand peuple qui a un Élohim proche de lui comme l’Éternel notre Dieu chaque fois que nous L’appelons ? » (Deutéronome 4 : 7 ), le Sifri commente « Nous L’appelons Lui et pas Ses attributs ».

Cela est logique. Pourquoi devrions-nous approcher les serviteurs du Roi plutôt que le Roi lui-même ? Il est certainement approprié de ne prier que le Maître de tous les Trésors. Ceci étant, pourquoi nos prières sont-elles toutes associées avec les diverses sephiroth ?

La question devient encore plus importante lorsque nous réalisons que chaque mot fait allusion à une Sephirah différente. Ainsi, en gardant son esprit, il en ressort que toutes les prières font allusion aux sephiroth. Il ne nous reste rien qui est dirigé directement vers la Source des Sources.

De plus, comment serait-il possible de méditer sur les sephiroth. Si une personne tente de dépeindre une sephirah dans son esprit, elle va inévitablement la définir et la dépeindre comme quelque chose de physique. L’esprit ne peut que dépeindre les choses physiques, alors comment pourrait-il imaginer un concept purement spirituel ? L’œil de l’esprit ne peut pas imaginer les entités spirituelles sans les faire finies et physiques. Il est donc impossible de méditer sur une sephirah.

Il y a également une troisième difficulté. Lorsqu’une personne pense à l’un des Attributs, il est inévitable qu’elle le sépare. Dans son esprit, elle imagine un Attribut séparé, distinct des autres. Cela n’est certainement pas approprié, puisque tous doivent être unifiés. Cela est bien connu.

Nous allons à présent expliquer le sens de ceci, et clarifier tous ces concepts.

Il est nécessaire de réaliser que l’Être Infini, Ain Sof, le Roi des Rois béni, ne peut pas être délimité par un nom ou un mot. Il n’est pas correct de parler de n’importe quel Attribut de son Essence, puisqu’elle ne change pas, et ne peut être décrite. Elle ne peut être altérée, ayant d’abord un désir puis un autre, ou entamant d’abord une activité puis une autre.

Ainsi, lorsque quelqu’un médite sur l’Être Infini, il ne devrait pas L’appeler El, ou Elohah, ou Élohim, ou n’importe quel autre nom ou appellation. Tous ces noms ne s’appliquent qu’aux sephiroth.

Mais, comme nous l’avons déjà dit, il ne faut pas diriger son attention sur les sephiroth, Dieu t’en garde, puisque celui qui le fait tombe dans un trou profond. C’est ainsi que le Sifri dit « A Lui, et pas à Ses Attributs. » La véritable intention est ainsi que nous l’avons expliqué dans « La Porte de l’Essence et des Réceptacles ».

Dieu est appelé « Puissant » à travers l’Attribut de Force de Guevurah. C’est parce c’est Lui qui donne à Guevurah le pouvoir d’agir.

Ainsi, lorsqu’une personne dit « Le Grand Dieu », elle devrait méditer sur le fait que cela fait allusion à la « Grandeur », et que le mot lui-même est dans la « Grandeur ». Donc, son intention devrait se porter sur l’Essence qui imprègne « Grandeur ». Cela est vrai pour Guevurah, et pour toutes les autres sephiroth.

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Theosophie & Philosophie & Judentum & Kabbala, Robert Fludd, 1621.

Les mots sont donc des appellations pour les sephiroth, et sont des adjectifs relatifs à Dieu. L’intention, toutefois, n’est dirigée que vers l’Etre Infini, qui est vêtu des sephiroth, et qui en fait usage.

Dans le Tikuney Zohar, Rabbi Shimon bar Yochai dit « Lorsque quelqu’un prononce un mot, il doit garder à l’esprit que la parole est Adonai, et que la voix est YHVH. Il doit les amener ensemble, les unifier dans l’Unité Cachée qui les lie ensemble, et les faire un. Il doit diriger sont attention sur cela uniquement. Ce n’est pas la voix ou la parole, mais la pensée. »

Il est explicitement enseigné que le Tétragramme est associé à la Sephira Tiphereth. Étant donné que la voix qui émane de la Bouche est également associée à Tiphereth, elle est relative au Tétragramme. De façon similaire, la parole est relative au nom Adonai, qui est associé à la sephirah Malkuth.

La pensée, toutefois, est l’Etre Infini à travers lequel ces deux Attributs sont unifiés.

Dans la célébration, il n’y a pas d’allusion à l’Etre Infini autre que la pensée que le célébrant dirige vers Lui. Cela est tout. Cela unifie tous les Attributs et toutes les Influences. C’est le mystère de l’Essence Basique qui infuse toutes les sephiroth, à travers laquelle toutes les sephiroth ont le pouvoir de fonctionner. À cause de cela, l’action elle-même relève également de l’Essence. Cela est expliqué en détail dans « La Porte de l’Essence et des Réceptacles ».

Cela ne signifie pas que quelqu’un devrait méditer sur les sephiroth ou essayer de les imaginer, puisque c’est impossible, comme nous l’avons déjà expliqué. Cela signifie plutôt que les sephiroth sont associées avec les dix noms du Tétragramme. Ces noms sont seulement différenciés par leurs voyelles, comme il est expliqué dans « La Porte du Tétragramme ».

Celui qui médite devrait se concentrer sur ces noms. Il devrait garder à l’esprit que rien ne peut faire allusion aux Attributs qu’il recherche, si ce n’est le Tétragramme qui est dépeint dans son esprit. Cela consiste en Quatre Lettres, vocalisée de manière appropriée. S’il fait cela, il peut procéder sans peur.

Il faut également garder à l’esprit que les Quatre Lettres elles-mêmes dont allusion aux dix sephiroth. Cela dénote le fait que les dix sephiroth acceptent l’action désirée par une seule sephirah.

C’est mieux si quelque peut dépeindre chaque Tétragramme dans la couleur appropriée. Sa prière va alors aider encore plus. Les seules conditions sont qu’il devrait garder à l’esprit que rien dans ce monde ne peut dépeindre l’action de cet Attribut, sinon la couleur qui lui est associée ».