Par Moïse de Léon

Extrait du Sicle du Sanctuaire (paru aux Éditions Verdier) portant sur les secrets de l’Unité en une vision quasi alchimique des éléments.

Nous avons déjà traité du thème du secret des mystères de l’unité présent dans les sections du récitatif : Écoute Israël. Nous avions également traité et discuté au début du secret de l’unité. Mais il est dans l’ordre de la connaissance de connaître le fondement de tous les degrés et le fait que tel degré semble ne pas être au même niveau. Et surtout il faut savoir comment tous les degrés sont une seule réalité et une unique cause bien qu’il faille savoir si les sefirot sont créées ou non. Car si tu dis qu’elles sont créées, comment peut-on faire reposer le fondement de notre foi dans une chose créée ? Et si tu dis qu’elles ne sont pas créées, comment diras-tu que nous connaissons ou que nous atteignons et sondons une chose qui n’est pas créée ? Comment pouvons-nous avoir quelque connaissance ou quelque intuition d’une chose qui n’est pas créée ? Il faut savoir et comprendre que Lui, béni soit Son nom, ne renferme absolument rien que la bouche puisse énoncer et la pensée atteindre. Et parce qu’il ne renferme rien de ce genre, nul ne peut en obtenir ou en acquérir quelque connaissance que ce soit. Mais grâce à la vraie gnose, nous pouvons découvrir le secret de son rang, béni soit son nom, à travers ses dimensions. Nous savons par-dessus tout qu’à cause de son extrême occultation absolument insondable Il exprima [hors] de Lui le secret de Son existence et Il existentia à partir de Lui le secret de la lumière d’une splendeur véritable sous la forme du secret d’un Point initial dissimulé et mystérieux. Or ce Point se déploya et se m~t à procéder, et de ce déploiement advint à l’être la lumière de la splendeur d’un autre Miroir [1]. Et cette extension de la procession et de l’être se déploya et devint création. Dans le Récit du Commencement il s’agit de yehi, « soit » [à l’impératif], à savoir « Que l’être premier se déploie [2] » Loin s’en faut qu’il y ait ici une nouvelle création pareille à celle des autres créatures, mais ce déploiement, cette procession de l’ être à partir de la cause première, c’est cela la véritable création, et rien d’autre. Grâce à cela nous avons part au Dieu d’lsraël et nous connaissons et découvrons une parcelle de la réalité de Son unité magnifIque et sublime, béni soit son nom. Ainsi donc tu sauras que dans l’ensemble du Récit du Commencement, pour chaque jour sans exception, tu ne trouves le secret de l’être qu’il recèle qu’exprimé par « soit ! », « soit [3] ». Et nous avons déjà suggéré que son secret est le déploiement de la forme à partir du mystère de la Pensée supérieure qui est la cause première. C’est ainsi que le secret de toutes les essences, aussi bien dans le Récit du Commencement que dans le Récit du Char est l’énigme du déploiement de l’existence. Ce que nous avons suggéré de façon allusive te suffira. Revenons à ce que nous étions en train d’expliquer touchant au secret de l’Unité, pour faire connaître que tout est un. De plus, à partir de cette voie, tu pourras discerner l’essentiel. À présent, réfléchis et comprends le principe véridique car il faut connaître et sonder le secret de cette unité. Maintenant écoute et apprends : la Pensée est occultée et cachée et à cause de son extrême occultation nul ne peut en avoir quelque perception que ce soit ni rien connaître d’elle. La Pensée s’est déployée, parvenant jusqu’au lieu d’où émerge l’Esprit et elle s’est liée à lui. Parce qu’elle s’est déployée jusqu’à ce lieu-là, alors l’homme parvient à en obtenir une certaine intelligence. Non pas qu’il obtienne une connaissance claire, mais l’homme arrive à méditer une certaine allusion ou la trace d’une infime compréhension. C’est pourquoi cette extension [de la Pensée] est appelée Binah (Discernement). La Source encore procède et cette Pensée se déploie pour se manifester hors de ce lieu où elle est appelée Binah, et elle doit alors lâcher une Voix constituée de trois choses : de feu, d’eau et de souffle, et elle devient une Voix audible à l’extérieur. L’homme parvient déjà en sa pensée à connaître, à percevoir et à deviner cette Voix, bien que la chose ne soit aucunement connue. La Source encore procède et devient auprès de la Voix une Parole, car elle vibre dans cette Voix pour parfaire le processus. Lorsque tu contemples la sagesse, tu découvres, depuis la tête de la Pensée primordiale jusqu’au terme de la Pensée qui est la Parole [4], que tout est un et qu’ il n’y a là strictement aucune séparation : car c’est elle, elle, la Pensée dont nous avons traité, et c’est elle, oui elle, et tu ne trouveras rien d’autre qui soit hormis par son extension et sa procession jusqu’au terme de la Pensée, et tout est un. Cette allusion te suffira pour savoir qu’Il est un en son unité sans aucune séparation d’aucune sorte. Tout est exact pour celui qui comprend et YHVH nous agréera et nous montrera ses sentiers de rectitude [5].

Mais la sagesse, d’où sort-elle ? Où est-il, le lieu du Discernement ? ” (Job 28 : 12). Nous avons déjà parlé et traité du secret de la Sagesse véritable à propos des mystères des trésors cachés qui sont dans le secret de la réalité de Son existence, que Son nom soit béni. Et cela de façon allusive, appropriée pour celui qui comprend et il s’agit d’un secret valable pour ceux qui ont trouvé la connaissance. Je vais maintenant entamer un autre exposé. grand et glorieux, au sujet d’un secret dissimulé et caché dans les arcanes du Char. Bien qu’en ce qui concerne les mystères du Char, « nous n’ayons pas à nous occuper des choses cachées », et bien que d’après ce que j’ai 1u et selon mon intention j’aie traité ailleurs des mystères du Char, néanmoins je dois à présent expliquer le secret du mélange des premiers éléments qui sont les réalités supérieures, principes des principes de tous les engendrements [6]. Il s’agit des quatre éléments, feu, eau, souffle et poussière, car « les pères ce sont eux le Char [7] » et le roi David s’est joint à eux [8]. Ce sont eux les principes des principes de tous les engendrements [9] en haut et en bas et toutes les essences se constituent à partir d’eux et en sont les héritières. Il te faut savoir que le feu, le souffle, l’eau et la poussière sont tous joints ensemble et sont intriqués l’un en l’autre. De plus. nous avons déjà dit que le feu et l’eau sont en controverse l’un avec l’autre. Mais le souffle s’ interpose entre ces deux éléments, entre l’élément feu et l’élément eau, comme il est dit : « Le souffle de Dieu planait à la surface des eaux » (Gen. 1 :2). En effet, tu trouveras que toujours le souffle en son secret tourne continuellement au milieu du ciel et il est accroché à deux éléments et à ces éléments il s’attache. l’un du côté de la poussière, l’autre du côté de l’eau. La poussière se situe au-dessous de l’eau afin que l’eau engendre la poussière et la fasse germer- Ainsi les éléments se tiennent l’un l’autre et sont mélangés et intriqués l’un en l’autre, tu trouveras en effet que l’élément feu est chaud et sec, que l’élément souffle est chaud et humide, que l’élément eau est froid et humide et que l’élément terre est sec et froid. Et en réalité, quand ces quatre éléments se conjuguent, toutes les choses et toutes les essences émergent de leur sein. Chaque élément est agglutiné à l’autre et adhère à lui, chaque élément donne existence à un autre élément : de la procession de l’existence de son essence advient l’autre. Tu constates ainsi que le secret du feu existentiel souffle, que l’élément souffle existentie l’eau, que l’élément eau existentie la poussière. Chacun est agglutiné à l’autre et est intriqué en lui. Ainsi toutes les essences sont advenues à l’être par le secret des quatre éléments, car les éléments par quatre se tiennent à leur poste, chacun pour accomplir sa fonction propre en relation avec tous les autres, car l’un n’est pas sans l’autre. Quand le feu s’agrège au souffle et le souffle à l’eau, alors les éléments se regroupent, puis quand l’eau s’agrège à la poussière, alors la chose passe de la puissance à l’acte et l’essence acquiert une structure stable, rien jamais ne s’en échappe. Les éléments supérieurs sont au nombre de trois [10], tandis que la terre est leur vase de réception [11]. Ces quatre éléments sont répartis aux quatre points cardinaux situés « près de la bordure » (Ex. 25:27, 37~14). Le feu prédomine irrésistiblement du côté du Nord [12] , selon le secret de la disposition de la sagesse. Le souffle se tient selon sa disposition du côté de l’ Est [13] . L’eau se tient selon sa disposition du côté du Sud [14]. La poussière se tient du côté de l’Ouest [15]. Chacun est assigné à son coin, au côté du point [cardinal] où il se tient- Comme le feu est toujours du côté du Nord, qui est d’une nature froide et humide, les maîtres de la science disent que par nature le feu engendre la nature de l’or. Il en va comme dans le secret du verset : « L’or vient du Nord, etc. » (Is– 37:22). Car en leur secret les quatre métaux que sont l’or, l’argent, le cuivre et le fer n’adviennent à l’être qu’en dérivant de ces éléments. Sans les trois premiers éléments, la poussière ne pourrait faire sortir de la puissance à l’acte aucun métal. L’or par exemple advient à l’être en s’attachant au secret du feu et au côté Nord, puisque par-dessus tout, lorsque la chaleur naturelle s’approche d’une chose froide, la nature engendre son aspect jaune : et c’est le secret de l’or, cela grâce à la nature qui opère dans ce point cardinal et dans le caractère de cet élément. L’argent est lié au secret de l’eau et au côté Sud, car lorsque l’eau et le soleil se rapprochent l’un de l’autre, naît une nature blanche, qui est le secret de l’argent. Le cuivre est rouge et c’est la nature des deux [16] qui l’engendre, car ceux qui connaissent d’après 1’oeuvre [17] que la voie de leur nature engendre le cuivre, le transforment en la nature de l’or et de l’argent, et cela par les oeuvres du soleil dans le souffle [18]. En conclusion. la cause de l’engendrement de l’or, de l’argent et du cuivre repose sur un processus grandiose et véridique qui est un secret profond. Lors de la combinaison des éléments entre eux et de leur substitution l’un à l’autre, tu découvriras aussi que parfois l’eau engendre l’or et le feu l’argent. En réalité, la cause génératrice du fer est la poussière dans le secret de l’Ouest, car sa cause génératrice est effective à cette condition par l’absence de soleil et la diminution de son rayonnement, la poussière engendre le fer qui est une nature plus sèche que toutes les autres, parce qu’elle se situe au côté Ouest de l’engendrement de la poussière. En effet, en se liant avec les trois éléments supérieurs et quand l’un d’eux s’attarde sur elle. La poussière engendre alors un reflet de chacun d’eux. Tu constateras ainsi que lorsque la puissance du feu élémentaire de nature chaude qui est du côté du Nord s’approche de la poussière qui est en bas, la poussière engendre de l’or si les trois éléments supérieurs s’approchent d’elle ensemble. Et lorsque les trois éléments supérieurs s’approchent de l’or, eux qui constituent une unique réalité. Alors, l’or engendre la poussière. Quand la poussière s’approche de la chaleur du feu du côté du Nord, l’engendrement de la poussière est de l’or. De là tu pourras comprendre le secret des deux chérubins d’or. De la même façon, la poussière en s’approchant de l’eau et en se liant à elle du côté du Sud, par l’ardeur du Sud – car l’eau est froide et hum ide et le Sud est chaud et sec – la poussière donc, qui est froide et sèche, en s’approchant d’eux, engendre la nature de l’argent, la poussière en effet l’engendre par la puissance de l’eau et dans le côté Sud. Ainsi donc, tu peux savoir que la poussière qui fait fonction de réceptacle, en s’approchant de chacun des autres éléments, engendre son reflet, une image de chacun d’entre eux. Nous avons déjà traité de ce secret dans le livre La Rose du témoignage. Au vrai, ces éléments qui sont quatre sont les principes des principes de tous les engendrements, mais il existe d’autres éléments dans l’en bas, situés au-dessous d’eux, ce sont les éléments inférieurs dont l’essence a procédé en ce bas monde. Ils sont en réalité à l’image de ceux qui engendrent.

En effet, la poussière est ce qui fait sortir les engendrements suivant leur modèle. « selon leur clan, d’après leur maison paternelle » (Nom. l :2). En vérité, les quatre métaux que nous avons évoqués, qui sont des entités supérieures qui se sont constituées selon le secret des quatre éléments, engendrent ces entités inférieures par leur quadruple puissance, et chacun engendre son reflet. Chacun des quatre métaux inférieurs émerge de la puissance des métaux supérieurs qui sont les quatre éléments évoqués par nous. Il y a donc un métal qui émerge à l’image de l’or. il est appelé cuivre doré, « métal » en langue étrangère. Il est semblable à l’or mais ce n’est pas de l’or, par cette puissance il a émergé et il est son reflet. L’argent engendre le p1omb qui est blanc et qui émerge en ayant l’apparence de l’argent. Comprends cela . En réalité, de même que l’or est dans le côté du Nord, comme nous l’avons dit, et que ce métal émerge de ce même côté, ainsi l’argent qui engendre le p1omb est dans le côté du Sud et l’engendre de ce même côté. C’est la même chose en ce qui concerne le cuivre : par la puissance de la poussière et la cause génératrice du feu, émerge le cuivre inférieur solide. dense comme le fer, et il se situe côté Est. Tout cela grâce à la puissance des éléments supérieurs que nous avons évoqués : ils engendrent leur reflet en bas. Le secret est tel que nous l’avons exposé et c’est : « Un fleuve sortait de l’Éden pour arroser le jardin et de là il se séparait pour former quatre bras » (Genèse 2: l 0). Ce sont les quatre métaux d’en bas qui sont des [métaux] inférieurs ». Les pierres précieuses sont fixées aux métaux que nous venons d’évoquer. Ces pierres précieuses sont les douze mentionnées dans la Torah et elles sont fixées à l’Éphod, et les pierres, selon les noms des enfants d’Israël, ont émergé par la puissance des premiers éléments [19] : « Elles seront en gravures de sceau, chacune à son nom » (Ex. 28:21). Et tout provient de la procession des éléments supérieurs car, par leur puissance et par leur cause, chacune a émergé. « chacun dans son camp, chacun près de son étendard » (Nom. 1 :52), et comprends qu’il s’agit d’un grand principe d’en haut.

Notes :

[1] Il s’agit de la sefira Binah, qui émane de la sefira Hokhmah. à laquelle le « Point » se réfère.

[2] Moïse de Léon s’inspire ici d’une exégèse de R. Acher ben David, qui déclare dans son commentaire sur le premier chapitre de la Genèse, à propos de l’expression « que la lumière soit » : « [Dieu] vit que toutes les choses étaient cachées et il dit : Que toutes les choses qui sont dans la puissance de l’Agent se déploient et qu’elles opèrent et grandissent » (Ms.Paris. BN de France, 823, fol 179b) Voir aussi Zohar 1, 232b-233a pour une exégèse semblable du verbe yehi

[3] Dans le premier chapitre de la Genèse, chaque jour comporte une mention du verbe être (yehi ou vayehi).

[4] La « Parole » est une désignation de la sefira Malkhout.

[5] Un texte parallèle se trouve dans Zohar. 1, 246b. “La Pensée est commencement de tout. et parce qu’elle est Pensée elle est intérieure, close et inconnaissable. Quand cette Pensée se déploie davantage. elle parvient au lieu où l’Esprit réside. et une fois arrivée à ce lieu, elle est appelée Binah, car elle n’est plus aussi enclose qu’auparavant. Et bien qu’il soit enclos, l’Esprit se déploie et lâche la Voix condensant feu, eau et souffle, qui sont Nord, Sud et Est Cette Voix est la somme de 1’ensemble des puissances et cette Voix conduit la Parole et établit le mot en sa perfection, car la Voix a été émise du lieu de l’Esprit et elle est venue mener la Parole pour exprimer des paroles de rectitude. Lorsque tu contemples les degrés, Il est Pensée, Il est Discernement, Il est Voix, Il est Parole et tout est un. Et c’est elle, elle, la Pensée, qui est prémisse de tout et il n’y a pas séparation mais tout est un, une seule chaîne, car la Pensée même est liée au Néant et jamais elle ne s’en écarte et c’est : “YHVH est un et son nom est un” (Zac. 14:91.)”. Voir notre trad..t. 1V. p. 187.

[6] Passage parallèle dans Moïse de Léon, Fragment sans titre. fol. 366a et suiv. Un long passage semblable à celui qui suit se trouve dans Zohar 11, 23b-24b. qui est articulé, ce qui n’est pas le cas ici, au motif de la constitution du corps d’Adam. La difficulté de l’exposé qui suit tient dans l’intrication complexe de deux registres distincts : le système des sefirot et la physique médiévale aristotélicienne. L’auteur veut montrer que le monde physique, au niveau de ses éléments fondamentaux, est constitué par la procession des sefirot et de leurs interactions. Les éléments. les métaux, dont l’origine est décrite, ne sont pas seulement les symboles des sefirot : ils en sont aussi et surtout les dérivés physiques. En outre, le texte présente plusieurs lacunes qu’une comparaison avec le passage parallèle du Zohar peut permettre de combler en partie.

[7] Genèse Rabba 47:6, passim. Jeu de mots entre “principes” et “pères” qui en hébreu sont désignés par un même mot (avot).

[8] Ces pères et principes élémentaires correspondent aux sefirot Hessed (Abraham, eau), Guevourah (Isaac, feu), Tiferet (Jacob, souffle), plus David qui correspond à Malkhout ( poussière ou terre).

[9] De même que “ père ” signifie aussi “ principe ”, “ engendrement ” signifie aussi “ résultat, conséquence ”. Toutefois ce n’est pas le sens logique de ce terme qui prédomine ici mais son sens physique comme on va le voir ,l’idée que les minéraux sont des sortes d’êtres vivants qui peuvent être décrits par des termes liés à la sexualité et à l’obstétrique remonte loin dans le temps. Voir à ce sujet R. Halleux, “Fécondité des mines et sexualité des pierres dans l’antiquité gréco-romaine”. Revue Belge de philologie et d’histoire, 48. 1970, p. 16-25. Voir aussi Michel Tardieu, Trois mythes gnostiques,p. 185-190.

[10] Les sefirot Hessed, Guevourah, Tiferet.

[11] La sefira Malkhout.

[12] La sefira Guevourah.

[13] Symbole de la sefira Tiferet. Même symbolisme dans Moïse de Léon, Fragment sans titre. fol. 360a.

[14] La sefira Hessed.

[15] La sefira Malkhout.

[16] Ces “deux” sont sans doute l’argent et l’or : le blanc de l’argent atténuant l’ultra-jaune de l’or, en nait le rouge du cuivre qui en est une sorte d’atténuation.

[17] Cette expression (en hébreu melakhah) est une désignation stéréotypée de l’opération alchimique visant à obtenir la transmutation des métaux.

[18] Il est très nettement fait référence à l’alchimie et à l’oeuvre de transmutation du cuivre en or et en argent. qui est décomposition et retour du cuivre à un état antérieur.

[19] La fin de cet exposé concernant l’origine des métaux inférieurs et des pierres précieuses sera mieux compris à la lumière d’un passage parallèle du Zohar (11, 24b) : “ Viens et vois : feu. souffle, eau et poussière sont tous agglutinés l’un à l’autre et liés l’un à l’autre, et il n’est pas entre eux de séparation. Mais quand par la suite la poussière enfante [les choses qu’elle enfante] ne sont pas attachées l’une à l’autre. à la différence de celles d’en haut, ainsi qu’il est écrit : ‘Et de là il se séparait pour former quatre bras’. (Gen. 2: 10). En elles il y a séparation, parce que la poussière, lorsqu’elle enfante par -la puissance des trois [éléments] supérieurs, fait sortir quatre “fleuves” où se trouvent les pierres précieuses, ces dernières se situant en un seul endroit au sujet duquel il est marqué : .”Là se trouvent le bdellium et la pierre d’onyx” (Gen. 2: 121. Ces pierres précieuses sont au nombre de douze, elles sont réparties aux quatre points cardinaux pour correspondre aux douze tribus, comme il est écrit : “Les pierres seront au nom des fils d’lsraël, douze à leur nom” (Ex.28:21). ”

Le système de Tycho Brahé