Terumah, le mystère des pains exposés devant l’Eternel

La parsha de la semaine porte sur l’architecture et les ustensiles du Tabernacle, dont la table des pains exposés devant l’Eternel.

Exode 25:23-30 (La Bible du Semeur) :

23 Tu fabriqueras une table en bois d’acacia de cent centimètres de long, de cinquante centimètres de large et de soixante-quinze centimètres de haut.

24 Tu la plaqueras d’or pur et tu garniras son pourtour d’une bordure d’or.

25 Tu lui feras un cadre de huit centimètres que tu garniras d’une bordure d’or.

26 Tu feras quatre anneaux d’or que tu fixeras aux quatre coins de la table correspondant à ses quatre pieds.

27 Dans ces anneaux placés tout près du cadre viendront s’insérer les barres destinées à porter la table.

28 Tu feras ces barres en bois d’acacia et tu les plaqueras d’or. Elles serviront à transporter la table.

29 Tu fabriqueras aussi des plats et des coupes, des carafes et des bols qui serviront aux libations; tu les feras d’or pur.

30 Tu placeras sur la table le pain exposé devant moi. Il sera en permanence devant moi.

Nous discuterons ici du mystère des 12 pains exposés et toujours chauds présenté sur la Table devant l’Eternel. Ces pains étaient cuits le vendredi et placés sur la table du Shabbat, et ensuite mangés par les prêtres le jour du Shabbat suivant. Ils restaient miraculeusement chauds et frais pendant toute la semaine.

La signification de la phrase « lehem panim » (pain devant moi), peut être comprise, selon Ibn Ezra, comme signifiant « pain de la présence », פָּנִים לֶחֶם.

Dans la Torah et la Kabbale, le verbe « manger » est souvent utilisé dans un sens mystique afin de décrire une relation sexuelle, comme dans le verset du Cantique des cantiques : « Mange, mon bien-aimé » (5 : 1) (voir également Genèse 39 : 6 et 39 : 9).

Nous allons voir en quoi les pains dont il est question dans cette parsha ont un lien avec cette métaphore de l’acte sexuel.

L’union d’Abba et d’Imma est induit par la mazal (מזל), la voie spirituelle par laquelle descend l’influx divin dans le monde, de la barbe d’Arikh Anpin.

La valeur numérique du mot « pain » (en hébreu, lechem, לחם, a une valeur de 78) est identique à celle du mot araméen pour mazal, mazla, מזלא.

Pour qu’un couple puisse s’unir dans une relation maritale, l’inspiration qui vient d’en haut doit régner entre les époux. Dans le cas d’Abba et d’Imma, cette inspiration est une étincelle de conscience divine qui descend sur eux du parzouf Arikh Anpin. Cette étincelle est conduite au travers de la barbe du Arikh Anpin qui se subdivise en 13 touffes qui correspondent aux 13 attributs de la Miséricorde (voir le Palmier de Déborah de Moïse Cordovero). Ces attributs sont appelés mazalot (pluriel de mazal), signifiant canal de l’influx, puisque la racine de mazal est nazal, נזל, qui signifie « s’écouler ». Les signes du zodiaques sont également appelés mazalot car ils canalisent les bénédictions divines dans le monde naturel.

Selon le Ari et le Zohar, ce mazal, la barbe, est le sixième représenté par la lettre « vav » (ו) qui a pour valeur numérique 6 et que l’on peut épeler vav vav (וו) de valeur 12 qui correspondent alors aux 12 pains disposés sur la Table des offrandes en deux groupes de 6. Ces pains représentent, en outre, les deux lettres He du Tétragramme dont la valeur numérique est également 12 lorsqu’on les épelle :

He = He Aleph (הא) donc 6. Redoublé, nous obtenons 12.

Ces douze pains dérivent également du triple Nom Tétragramme (יהוה) qui équivaut numériquement à pain, lechem (לחם) ou 78.

L’action fécondante d’Abba et de Imma étant continuelle, ces pains, ces mazalot qui les motivent à s’accoupler, sont dont toujours chauds ainsi qu’il est écrit : « Tu placeras sur la table le pain exposé devant moi. Il sera en permanence devant moi. » (Ex. 25 : 30).

Seuls les prêtres sont autorisés à manger ces pains car ils représentent la Hokhmah, le commencement, et Grand Prêtre, le Cohen ha Gadol, étant la première des dix Sephiroth.

Terumah, le mystère des pains exposés devant l’Eternel, Spartakus FreeMann, janvier 2011 e.v.

Essai basé sur le Sefer ha Likutim du Ari et sur le Zohar.