Par Spartakus FreeMann

« Et Jacob vécut dans le pays d’Égypte pendant dix-sept ans » (Genèse, 47, 28).

L’autre nom de Jacob est Israël qui est devenu le nom de la communauté du peuple juif. La phrase « enfants d’Israël » s’applique avant tout aux descendants directs de Jacob mais, au fil du temps, il devint synonyme d’israélites, c’est-à-dire le peuple d’Israël.

Le Ari (Isaac Louria) analyse le nom de Jacob/Israël afin de démontrer de quelle façon il reflète parfaitement la conscience divine.

Il y a trois aspects de Jacob. Le premier est indiqué par le nom « Jacob » (יעקב) écrit sans vav, ו. Le second est indiqué par le nom « Yakov » (יעקוב) écrit avec un vav, comme dans le verset « Et je me rappellerai Mon Alliance avec Jacob » (Lévitique 26, 42). Le troisième est indiqué par l’autre nom de Jacob, « Israël » (ישראל).

Ces trois noms font référence aux trois aspects de l’âme : Nephesh, Ruach et Neshamah. Nephesh, l’âme vitale, est indiquée par le nom « Yakov » écrit sans Vav. La Ruach, l’âme émotionnelle, est indiquée par le nom « Yakov » écrit avec Vav. La Neshamah, l’âme intellectuelle, est indiquée par le nom « Israël ».

Nous allons voir maintenant comment les trois aspects de l’âme sont connectés numériquement aux noms de Jacob. Nous verrons également que la valeur numérique de Nephesh est identique à celle des deux noms d’Abraham et de Jacob.

– Nephesh : Noun Pé Shin (נפש) = 50 + 80 + 300 = 430 ;

– Abraham : Aleph Beth Resh Hé Mem (אברהם) = 1 + 2 + 200 + 5 + 40 = 248 ;

– Jacob : Yod Ayin Qoph Beth (יעקב) = 10 + 70 + 100 + 2 = 182.

La somme d’Abraham et de Jacob donne 248 + 182 = 430, la valeur numérique de « Nephesh ».

La valeur numérique de « Ruach » est identique à celle des mots « et Jacob vécut » (Genèse 47, 28).

– Ruach : Resh Vav Heth (רוח) = 200 + 6 + 8 = 214 ;

– « Et Jacob vécut » (vayechi Yakov) : Vav Yod Heth Yod Yod Ayin Qoph Beth (ויחי יעקב) = 6 + 10 + 8 + 10 + 10 + 70 + 100 + 2 = 216 ;

Note : les deux sommes diffèrent. Il y a une allusion au Beth (ב) dont la valeur numérique est 2. « B’ruach » qui signifie alors « au moyen de la Ruach ».

La Neshamah est numériquement associée au nom « Israël », comme suit :

– La Neshamah : He Noun Shin Mem Hé (הנשמה) = 5 + 50 + 300 + 40 + 5 = 400

– Israël : Yod Shin Resh Aleph Lamed (ישראל) = 10 + 300 + 200 + 1 + 30 = 541

Si l’on retire 400 de 541 nous obtenons 141. Retirons 41 de ce produit et ajoutons-les aux 400 (de « la Neshamah ») et le résultat est la valeur numérique du mot « vérité », emeth (אמת). Voilà la signification du verset « donne la vérité à Jacob » (Michée 7, 20). Il reste 100 qui est la valeur numérique de la lettre Qoph. La valeur de la lettre Qoph épelée est identique à celle de Yakov avec 4 pour indiquer les 4 lettres de son nom.

– Qoph : Qoph Vav Pé (קוף) = 100 + 6 + 80 = 186 ;

– Yakov : Yod Ayin Qoph Beth (יעקב) = 10 + 70 + 100 + 2 = 182 ;

– 182 + 4 = 186.

Le résultat de cet exercice arithmétique peut donc être résumé comme suit :

– Israël = « la Neshamah » (400) + 41 + 100

– Israël = emeth (441) + 100

– Mais puisque l’on déduit la valeur 186 à partir de 100 : Israël = emeth (אמת) + Yakov (יעקב)

Puisque la valeur numérique de la lettre Qoph épelée est aussi égale à la valeur numérique du mot « lieu » (makom, מקום) : Mem Qoph Vav Mem = 40 + 100 + 6 +40 = 186. Qui est également la valeur du carré du Nom (יהוה) : 10*10 + 5*5 + 6*6 + 5*5 = 186.

Voilà quelle est la signification mystique du verset : « Fais en sorte qu’il y ait un lieu pour Moi » (Exode 36, 21).

Rabbi Akibah dit que la lettre Qoph fait allusion au Saint, béni soit-Il (Othioth d’Rabbi Akiva). Cela signifie que mystiquement la valeur des trois noms de Dieu – YHVH, EHYEH et Adonaï – est identique à celle de « Yabok » (יבק) qui est la rivière que traversa Jacob dans son voyage de retour vers le pays d’Israël après son séjour de 20 ans chez Laban. C’est là qu’il se battit contre l’Ange d’Esaü, symbolisant le combat entre le bien et le mal ou entre le pilier de la miséricorde et celui de la rigueur.

– Yabok : Yod Beth Qoph (יבק) = 10 + 2 + 100 = 112 ;

– EHYEH : Aleph Hé Yod Hé (אהיה) = 1 + 5 + 10 + 5 = 21 ;

– YHVH : Yod Hé Vav Hé (יהוה) = 10 + 5 + 6 + 5 = 26 ;

– Adonaï : Aleph Daleth Noun Yod (אדני) = 1 + 4 + 50 + 10 = 65 ;

– 21 + 26 + 65 = 112.

Cette valeur est également identique à celle des Noms YHVH et Elohim combinés :

– Elohim : Aleph Lamed Hé Yod Mem (אלהים) = 1 + 30 + 5 + 10 + 40 = 86

– YHVH : Yod Hé Vav Hé (יהוה) = 10 + 5 + 6 + 5 = 26 ;

– 26 + 86 = 112.

Si nous soustrayons la valeur numérique de « Yabok » (112) de la valeur numérique de Yakob (182), nous obtenons 70 qui se réfère aux Soixante-dix Noms de Dieu (Bamidbar Rabba 14, 11 ; Pardès Rimonim 23, 13).

En outre, les trois Noms – YHVH, EHYEH et Adonaï – se réfèrent aux trois Sephiroth Kether, Tiphereth et Malkhuth, respectivement. Tiphereth est associée à Jacob.

Le pilier de gauche et celui de droite sur l’Arbre des Sephiroth ne s’étendent pas jusqu’à Malkhuth, il n’y a que l’axe central qui relie Kether à Malkhuth. On associe Abraham au pilier de droite, celui qui est centré sur Hessed ; Isaac est associé au pilier de gauche, centré sur Guebourah. Jacob, quant à lui, est associé au pilier du milieu reliant ainsi les essences de Kether et de Malkhuth. Ceci nous est induit par le mot « Esther » épelé à l’envers. Esther s’épelle Aleph Samekh Tav Resh (אסתר), Resh (ר) est l’initiale de « Rosh » (tête en hébreu), Tav (ת) de « Toch » (milieu en hébreu) et Samekh (ס) est l’initiale de « Soph » (fin en hébreu). Le nom d’Esther se réfère ainsi à la puissance qui relie l’en haut et l’en bas, Kether à Malkhuth.

Le nom « Israël » peut aussi être permuté afin d’épeler « une tête pour Moi » :

– Israël : Yod Shin Resh Aleph Lamed (ישראל) ;

– « Li rosh » (« une tête pour moi ») : Lamed Yod Resh Aleph Shin (ליראש).

Ceci indique qu’Israël contient la capacité d’atteindre les plus hauts niveaux, c’est-à-dire la tête, de la Sainteté comme cela nous l’est signifié par les Ecritures : « Israël s’élève dans les pensées de Dieu » (Bereshith rabba, 1, 4).

Le siège de la Neshamah est dans la tête, dans le cerveau ; le siège de la Ruach est dans le cœur ; et le siège de la Nephesh est dans le foie. Nous trouvons ce fait en allusion dans le mot « Malakh » (roi, מלך) dont les lettres sont les initiales des mots pour cerveau (« moah »), cœur (« leb ») et foie (« kaved »). Cela indique également que la conscience de l’homme descend de son cerveau vers son cœur et ensuite vers son foie ; donc, que l’intellect gouverne les émotions qui déterminent la manière d’agir.

Il s’en suit donc que tous les mondes dépendent des noms « Jacob » et « Israël » comme les sages le disent : « « Au commencement… » (Genèse Tanhumah, Vayikra rabba, 36, 4). La lettre initiale Beth (ב) de « Bereshith » commencement, בראשית), outre qu’elle signifie « dans », peut également signifier « au moyen de ». Le verset peut ainsi se lire : « au moyen du commencement, Dieu créa les cieux et la terre ». 1, 1) implique « pour l’amour d’Israël », mots qui sont renfermés dans « le commencement » ».

Les mots « et il vécut » sont ici interprétés comme s’ils étaient vocalisés pour dire « et il donne une force de vie ».

La conscience divine personnifiée par Jacob incorpore celles personnifiées par Abraham et Isaac – mais les équilibre. De cette manière, la force de vie est sauvée de toute vampirisation par les forces du mal et la conscience-Jacob peut descendre sans danger vers les niveaux inférieurs de la réalité et la transformer en un lieu (makom) pour Dieu. Ainsi Jacob est « une tête pour Moi » c’est-à-dire un commencement (Bereshit) pour la pensée de Dieu et un produit final de l’action divine ainsi qu’il est écrit : « ce qui fut est ce qui sera » (Ecclésiaste 1, 9).

Le nom de Jacob à partir des écrits de Rabbi Isaac Louria, Spartakus FreeMann, 12 Tevet 5770. Adapté en français d’un travail de Moshe-Yaakov Wisnefsky et du Sepher HaLikutim.